Le Sénat saisit la justice des cas d'Alexandre Benalla, de Vincent Crase et de trois proches d'Emmanuel Macron

Le bureau de la seconde chambre parlementaire a voté la transmission à la justice des cas d'Alexis Kohler, Patrick Strzoda et du général Lavergne, en plus de ceux d'Alexandre Benalla et Vincent Crase.

L\'ancien chargé de mission de l\'Elysée, Alexandre Benalla, le 21 janvier 2019 au Sénat.
L'ancien chargé de mission de l'Elysée, Alexandre Benalla, le 21 janvier 2019 au Sénat. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le Sénat a choisi, jeudi 21 mars, de saisir la justice des cas de l'ancien collaborateur de l'Elysée Alexandre Benalla, de son acolyte Vincent Crase et du directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, pour suspicion de faux témoignage devant la commission d'enquête sénatoriale. Ce délit est passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d'amende.

Selon plusieurs de ses membres, le bureau du Sénat a également décidé de transmettre au parquet les déclarations d'autres collaborateurs d'Emmanuel Macron, dont son bras droit Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence. A partir des "incohérences" et "contradictions" relevées par la commission d'enquête, qui a rendu le 20 février un rapport d'enquête accablant, il reviendra au parquet de voir quelles suites donner.

LREM dénonce "un procès politique"

Sur franceinfo, le vice-président LR de la commission des Lois, François-Noël Buffet, a estimé que "le parjure [était] établi" sans "aucun doute" dans le cas d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase. "La question se pose sur les trois autres, sur la façon dont ils se sont exprimés, les choses qui n'ont pas été dites, les contradictions avec la réalité, et c'est sur ce point que le procureur va devoir qualifier les choses", a-t-il ajouté.

Le chef de LREM, Stanislas Guerini, a dénoncé "un procès politique" du Sénat "contre l'Elysée". Pour lui, les sénateurs "cherchent évidemment à servir leur intention cachée : attaquer le président de la République". Interrogé par l'AFP, l'Elysée n'a pas souhaité réagir à chaud.