Contrôle des chômeurs : Rebsamen provoque l'indignation à gauche

Après son appel mardi au contrôle accru des chômeurs, le ministre du Travail s'est attiré les foudres de plusieurs responsables politiques à gauche, avant d'amender ses propos dans la soirée. Au sommet du PS, Cambadélis juge cette annonce pas "pertinente". Quant aux écologistes et aux communistes, ils se montrent encore plus piquants dans leurs attaques.

(François Rebsamen est la cible de nombreuses critiques après ses propos sur les chômeurs ©)

C'est peu dire que François Rebsamen ne provoque pas l'unanimité après ses propos sur i> Télé mardi matin. Le ministre du Travail a demandé "à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi ". Après les réactions scandalisées du côté des syndicats, plusieurs figures politiques à gauche ont embrayé. 

Au sein même du Parti socialiste, la réaction n'a pas tardé à arriver. D'abord par la voix de Thierry Mandon, secrétaire d'État à la Réforme de l'État, sur RMC Info : pour lui, il "a raison: s'il y a des fraudeurs, ils doivent être sanctionnés. Mais ce n'est pas cela la réponse au problème de l'emploi aujourd'hui ". Mais c'est du sommet du Parti socialiste que la riposte la plus cinglante est arrivée. Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a dégainé un communiqué pour une "mise au point ".

"Les annonces faites sur d'autres sujets, en particulier sur le contrôle des chômeurs, brouillent le message présidentiel, et nous le regrettons" (Jean-Christophe Cambadélis)

Dans ce texte, le patron du PS affirme que "si les abus peuvent être recensés, on ne peut réduire notre politique à ce but ". En clair, pour lui, les annonces de François Rebsamen ne sont pas "pertinentes ". D'autres se sont montrés encore plus incisifs.

Olivier Faure, l'un des porte-parole du PS, y est aussi allé très fort, parlent de "dérapage ".

Olivier Faure : "C'est une ineptie qui ne correspond en rien au programme de la gauche..."
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En revanche, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron, en déplacement dans la Manche, a plutôt donné raison à son collègue du gouvernement : "Il est normal que dans le secteur concerné, François Rebsamen demande à ce qu'il y ait des pratiques de contrôle, je crois que c'est ce que veulent tous les Français ". Pas de quoi apaiser les critiques de ceux, à gauche, qui s'offusquent d'avoir vu arriver à Bercy un ancien banquier d'affaires en remplacement d'Arnaud Montebourg.

Les écologistes très remontés

Du côté du parti EE-LV, les réactions ont également été très dures. “Je crois qu’il est tombé dans la facilité (...) Le sujet c’est : comment on créé des emplois sur tous les territoires, comment on redynamise des filières en difficulté, qu’est-ce qu’on propose comme avenir à des jeunes qui n’arrivent même pas à rentrer sur le marché du travail ”, a jugé la Secrétaire nationale du parti, Emmanuelle Cosse.

"Le sujet, c'est : comment on créé des emplois" - Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale d'EELV
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Quant à Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement qui éreinte la politique de François Hollande et Manuel Valls dans un livre qui vient de paraître, elle n'a pas manqué l'occasion, une nouvelle fois, de tweeter sa déception.

Enfin, le Parti communiste non plus ne fait pas dans la demi-mesure. Dans un communiqué titré Il faudrait contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi , le parti tire à boulets rouges sur le ministre du Travail : "Au lieu de singer la droite, le ministre du travail ferait mieux de changer de politique ".

Début de rétro-pédalage

Dans la soirée, sur RTL, François Rebsamen est un peu revenu sur ses propos de la matinée. Selon le ministre du Travail, qui dit ne pas comprendre "l'emballement médiatique ", affirme ne demander que "l'application de la loi". Pour conclure, il a affirmé ne pas vouloir "stigmatiser les chômeurs ", en affirmant que "quand la gauche est là, elle ne harcèle pas les chômeurs ".