Perquisition chez Michèle Alliot-Marie : "A quatre jours des élections, il n'y a pas de hasard"

L'ancienne ministre et son père sont visés par une enquête sur des mouvements de fonds suspects entre des associations de Saint-Jean-de-Luz et un hôtel de la localité basque. Des perquisitions ont été menées ce mardi.

Michèle Alliot-Marie, le 27 février 2011 à Paris. 
Michèle Alliot-Marie, le 27 février 2011 à Paris.  (MARTIN BUREAU / AFP)

Le domicile de l'ancienne ministre Michèle Alliot-Marie a été perquisitionné, mardi 18 mars, selon Le Monde, dans le cadre d'une enquête ouverte en juin par le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine). L'ex-garde des Sceaux et son père, Bernard Marie, sont visés par une enquête ouverte pour "abus de confiance". Elle porte sur des mouvements de fonds suspects à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) au préjudice de plusieurs associations locales.

L'enquête, ouverte le 13 juin, a été confiée à trois juges financiers après une enquête préliminaire de six mois, déclenchée sur la base d'un signalement de la cellule antiblanchiment d'argent de Bercy, Tracfin, en décembre 2012. Pour l'ancienne ministre, cette perquisition, à quatre jours du premier tour des élections municipales, n'est pas un hasard : "C'est un truc qui n'a pas de sens" a-t-elle déclaré sur LCP.

Quels sont ces mouvements de fonds suspects ?

Dans le viseur, les comptes d'un établissement de luxe, l'Hôtel de Chantaco, dirigé par Bernard Marie, ancien député-maire de Biarritz, âgé de 95 ans. Michèle Alliot-Marie, aujourd'hui première adjointe UMP à Saint-Jean-de-Luz, y détient des parts.

Les juges soupçonnent des mouvements de fonds suspects entre des associations liées à l'office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz et cet hôtel qui "vivote depuis plusieurs années", selon Le Parisien, qui avait révélé l'affaire en octobre 2013. Les magistrats examinent une période qui s'étend de 2010 à fin 2012.

Les sommes en jeu seraient de l'ordre de 200 000 euros. Selon une source proche de l'enquête citée par Le Parisien"l'argent a emprunté plusieurs circuits. Mais ils sont assez simples. Il ne semble pas que l'on rencontre, dans cette affaire, le moindre compte offshore."

Où se sont déroulées ces perquisitions ? 

"Il y a des perquisitions qui sont en cours dans cette affaire, dans le ressort des juridictions de Paris, Nanterre et Biarritz", a déclaré le procureur de Nanterre, Robert Gelli. Au domicile de l'ex-garde des Sceaux à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), la perquisition "n'a pas duré bien longtemps", a déclaré en fin de matinée Florimond Olive, le responsable de la communication de Michèle Alliot-Marie. 

Les enquêteurs ont également perquisitionné l'office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz, ville dont Michèle Alliot-Marie a été maire de 1995 à 2002. L'ancienne ministre n'a par ailleurs été ni contactée ni entendue dans le cadre de ces perquisitions, a souligné Florimond Olive.

Comment a réagi Michèle Alliot-Marie ? 

Interrogée par LCP.fr, l'ancienne ministre de la Défense a insisté sur la proximité de ces révélations avec les échéances électorales. "Qu'un truc qui n'a pas de sens arrive à quatre jours des élections, je pense que cela vient de la gauche et que cela vise à favoriser l'abstention aux élections municipales", a-t-elle déclaré, précisant que les enquêteurs étaient "partis avec un diplôme de bénévolat et une lettre d’un sous-préfet adressée à un conseiller municipal d’opposition qui date de plus de quinze ans".

Michèle Alliot-Marie, qui n'est pas candidate à la mairie de Saint-Jean-de-Luz, a été désignée tête de liste UMP pour la circonscription sud-ouest aux élections européennes.