C'est quoi ce document de Mediapart dont Nicolas Sarkozy a parlé au JT de TF1 ?

Durant l'entre-deux-tours de la présidentielle de 2012, le site d'informations a publié un document présenté comme une "note issue des archives des services secrets" libyens. Nicolas Sarkozy et ses proches ont toujours remis en cause son authenticité. 

Nicolas Sarkozy sur le plateau du 20 heures de TF1, jeudi 22 mars 2018. 
Nicolas Sarkozy sur le plateau du 20 heures de TF1, jeudi 22 mars 2018.  (TF1 / AFP)

Nicolas Sarkozy avait préparé ses notes. Mis en examen dans l’affaire du financement de sa campagne présidentielle de 2007, l’ancien chef de l’Etat a exhibé sur le plateau de TF1, jeudi 22 mars, un document qu’il a présenté comme un "procès-verbal" mettant en doute l’authenticité d’un autre document le mettant en cause, publié par Mediapart en 2012. Mais à quoi faisait-il référence ? On vous explique.

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"Sarkozy-Kadhafi : la preuve du financement", titre Mediapart, le 28 avril 2012. Ce jour-là, en plein entre-deux-tours de l’élection présidentielle, le site publie ce fameux document, présenté comme une "note issue des archives des services secrets" libyens, datée du 10 décembre 2006, signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des renseignements extérieurs de la Libye. Elle est adressée à Bachir Saleh, ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi. Dans cette note, dont une copie est visible dans l’article, on peut lire que la Libye a choisi "d’appuyer la campagne électorale" de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un "montant de cinquante millions d’euros".

Après la parution de cet article, Nicolas Sarkozy a porté plainte pour "faux et usage de faux". Il dénonce encore aujourd’hui l’authenticité de cette note. Il l’a dit devant les juges et l’a redit sur TF1, en citant un "PV de synthèse émanant d’une commission rogatoire". "Le document dévoilé par Mediapart est probablement un faux, plusieurs officiers de police judiciaire l'ont écrit dans le document que je tiens en main", a-t-il affirmé durant le journal télévisé. "On ne m'a même pas interrogé là-dessus."

Mediapart dénonce des "mensonges éhontés" de la part de Sarkozy

Des "mensonges éhontés", réplique Fabrice Arfi, co-auteur de l’article de Mediapart. "Il cite un document qui était préalable à l’enquête, à la procédure", a expliqué le journaliste sur BFMTV. "Réussir à dire à plusieurs reprises que la justice a reconnu comme faux la note Koussa force l’admiration : la vérité, c’est juste l’inverse", a-t-il précisé sur Twitter. "La phrase d’un enquêteur exhibée par Sarkozy, sur l’histoire de la note Koussa, a été battue en brèche par les juges d’instruction puis par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris."

"L’ensemble des investigations visant à déterminer si le document publié par Mediapart était un faux matériel, c’est-­à-dire, indépendamment de son contenu, un support fabriqué par montage ou tout autre moyen, ou altéré par des falsifications de toutes natures, n’a pas permis de l’établir", écrivent les juges d’instruction dans leur ordonnance de non-lieu, rendue en mai 2016 et citée par Mediapart. Le non-lieu a ensuite été confirmé en appel, mais Nicolas Sarkozy s'est pourvu en cassation en 2017.