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Justice : Jérôme Cahuzac affirme que l'argent sur son compte en Suisse a servi aux rocardiens

À l'ouverture de son procès lundi, Jérôme Cahuzac a fait un aveu inédit, expliquant que son premier compte en Suisse a servi à recevoir des fonds pour financer les rocardiens.

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Radio France
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Le procès de Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale et blanchiment s'est ouvert à 13h30 devant le tribunal correctionnel de Paris (ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

Le procès de Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale et blanchiment s'est ouvert à 13h30 lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Dès le premier après-midi d'audience, l'ancien ministre du Budget a donné une explication inédite concernant son premier compte en Suisse. 

Une explication tardive

À l'ouverture de son procès, Jérôme Cahuzac a révélé que lors des sept premiers mois, de novembre 1992 à mai 1993, son premier compte en Suisse a servi à recevoir des fonds pour financer les rocardiens, rapporte la journaliste de franceinfo présente à l'audience.

L'ancien ministre du Budget a toutefois affirmé être persuadé que Michel Rocard n'en a jamais rien su lui-même. Mais "quel homme politique pensait sincèrement que les cotisations des adhérents suffisaient à financer ses activités ?", a-t-il ironisé.

Cet argent venait du milieu de la santé pour soutenir Michel Rocard, a affirmé Jérôme Cahuzac, ajoutant que "ça se faisait pour tous les partis". À la question "À qui avez-vous demandé de l'argent ?", l'ancien ministre répond : "Je ne citerai qu'un nom : le laboratoire Pfizer. J'ai dit que c'était pour un médicament, mais c'était un prétexte." Le président du tribunal a rappelé que le médicament Amlor du laboratoire Pfizer avait bénéficié d'un prix de vente surestimé, Jérôme Cahuzac ayant de son côté expliqué aux juges d'instruction qu'il avait travaillé sur ce dossier.

Le risque d'une peine de prison 

Le procès de Jérôme Cahuzac est prévu sur dix jours. L'ancien ministre du budget risque sept ans de prison et un million d'euros d'amende pour avoir trompé pendant des années le fisc français alors qu'il était lui-même chargé de la lutte contre la fraude fiscale à Bercy.

Le procès de Jérôme Cahuzac avait été reporté en février, car les avocats de la défense avaient déposé une question prioritaire de constitutionnalité. Le conseil constitutionnel avait tranché fin juin en faveur d'un procès : Jérôme Cahuzac peut être poursuivi pénalement, même si l'administration des impôts lui a déjà infligé un redressement fiscal majoré de 80%, d'un montant de plus de 2,3 millions d'euros.

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