Affaire Kohler : une note d'Emmanuel Macron versée au dossier pour défendre son conseiller sème le trouble

Cette note écrite par Emmanuel Macron a été versée au dossier dans l'enquête ouverte pour prise illégale d'intérêt, quelques semaines avant l'abandon des poursuites. 

Alexis Kohler, secrétaire général de l\'Elysée le 17 avril 2019. 
Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée le 17 avril 2019.  (YOAN VALAT / EPA)

Le président de la République, Emmanuel Macron, a-t-il interféré dans l’enquête pour prise illégale d'intérêt qui visait son secrétaire général à l’Elysée, Alexis Kohler ? Le chef de l’Etat a en tout cas écrit une lettre assurant de la probité de son ancien directeur de cabinet à Bercy, a appris franceinfo mercredi de sources concordantes, confirmant les informations de Médiapart. Cette lettre a été transmise au parquet national financier (PNF) par l’avocat d’Alexis Kholer, et sème le trouble.

Dans cette attestation, le chef de l'État assure qu'Alexis Kohler n'est jamais intervenu, au moment où il était son directeur de cabinet à Bercy, dans des dossiers liés à l'armateur italo-suisse MSC avec lequel il entretenait d'étroits liens professionnels et familiaux.

Une chronologie troublante

Mais c'est la chronologie qui interroge. Selon les informations recueillies par franceinfo, en juin 2019, un premier rapport est rédigé par le commissaire de la brigade de la répression de la délinquance économique en charge de cette enquête, et il est accablant pour Alexis Kohler. Sauf que quelques semaines plus tard, le 18 juillet, le même commissaire écrit un nouveau rapport, définitif cette fois-ci, aux conclusions diamétralement opposées. Un rapport qui va pousser le PNF à abandonner les poursuites contre Alexis Kohler en août 2019.

Toujours selon les informations de franceinfo, l’attestation signée d’Emmanuel Macron a été adressée au PNF par l’avocat d’Alexis Kohler le 1er juillet 2019, quelques à jours avant la remise du second rapport qui blanchit complètement l’ancien directeur de cabinet à Bercy. Une chronologie particulièrement troublante, même si, à ce stade, rien ne permet de faire un lien direct entre la lettre d'Emmanuel Macron et l'abandon des poursuites contre Alexis Kohler.

"Aucune à la séparation des pouvoirs"

Contacté par franceinfo, un proche d'Emmanuel Macron affirme qu'il n'y a "aucune atteinte à la séparation des pouvoirs". "En juillet 2019, le Président a donné à l'avocat d'Alexis Kohler, et à sa demande, ce qui peut s'apparenter à une attestation d'employeur. Cette attestation a été signée par Emmanuel Macron en tant qu'ancien ministre de l'économie", explique cette source qui précise par ailleurs que "l'avocat a sollicité de la même manière tous les anciens employeurs d'Alexis Kohler, comme l'APE et Pierre Moscovici, pour s'assurer que son client avait bien fait état d'un possible risque de conflit d'intérêt dans ses fonctions. L'avocat d'Alexis Kohler a ensuite transmis ces documents au PNF".