A Hénin-Beaumont, la candidature de Mélenchon ne fait pas que des heureux

Les candidats du Parti socialiste et d'Europe-Ecologie-Les Verts ont réaffirmé la légitimité de leur propre candidature et n'entendent pas se retirer. 

Jean-Luc Mélenchon lors de l\'officialisation de sa candidature, le 12 mais 2012, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).
Jean-Luc Mélenchon lors de l'officialisation de sa candidature, le 12 mais 2012, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). (H DE OLIVEIRA / MAXPPP)

"Je suis un parachuté depuis que ma mère m'a mis au monde (...) Chaque Français est partout chez lui". Jean-Luc Mélenchon s'est défendu en ces termes d'être parachuté à Hénin-Beaumont, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais face à Marine Le Pen, où il s'est porté candidat pour les législatives samedi 12 mai. Mais sur place, ses justifications ne font pas l'unanimité. Sans évoquer un parachutage, plusieurs personnalités politiques ont réagi et critiqué à demi-mots cette candidature.

• Côté socialiste, on pousse son candidat

Martine Aubry est montée au créneau dimanche 13 mai, sur France 3 Nord-Pas-de-Calais. La première secrétaire du PS estime que la circonscription d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) "n'a pas besoin d'un match médiatique" qui montre "du doigt ses habitants". Et de défendre la nécessité d'un "élu de terrain, qui habite là, qui connaît les problèmes". Sous-entendu, Philippe Kemel, le candidat PS. 

"Jean-Luc Mélenchon a le droit d'aller où il veut (...) mais je dis simplement que le candidat du Parti socialiste n'a besoin de personne pour battre Marine Le Pen, j'en suis absolument convaincue", a martelé Martine Aubry, louant les mérites de son "formidable candidat".

• Le candidat PS rappelle les règles

Du côté de l'intéressé, la candidature du leader du Front de gauche fait grincer des dents. Dans La Voix du Nord, Philippe Kemel déclare n'avoir "rien à dire" à ce propos. "Une élection législative ce n'est pas les jeux du cirque. C'est la rencontre avec les citoyens", ajoute le maire de Carvin et candidat socialiste sur Le Lab d'Europe 1. 

Hors de question, donc, de se retirer au profit de Jean-Luc Mélenchon ou de convenir d'un accord avant le premier tour. Et pour le second tour, Philippe Kemel rappelle les règles : "si j'arrive devant (...) Jean-Luc Mélenchon connaît les règles. C'est celui qui est le moins bien placé qui se désiste". Le candidat espère donc un bon score, le 10 juin prochain. 

• Chez les Verts, pas de retrait

Marine Tondelier, candidate pour Europe-Ecologie-Les Verts, campe elle aussi sur ses positions. Dans une tribune publiée dimanche sur Le Plus du Nouvel Observateur, la candidate indique qu'elle n'envisage pas de retirer sa candidature. 

"Si la candidature de Jean-Luc Mélenchon est une bonne nouvelle (...) elle vient néanmoins prolonger cette tendance à transformer le bassin minier en appartement-témoin de combats politiques très éloignés des préoccupations quotidiennes des habitants", estime-t-elle.

Et de prévenir ses adversaires, dont Jean-Luc Mélenchon habitué de la joute verbale : "Attention à ne pas transformer Hénin-Beaumont en ring médiatique (...) pour anciens candidats à la présidentielle en manque devenus accros à l'adrénaline !"