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Ventes d'armes aux Etats-Unis : "Barack Obama a les mains liées"

Après l’arrestation de Dylann Roof, le meurtrier présumé de neuf personnes dans une église noire à Charleston, le président des Etats-Unis a fait part jeudi de sa tristesse et appelé à mieux encadrer la vente d’armes à feu. Mais Barack Obama n’a pas la main sur cette question, rappelle David Diallo, maître de conférences en civilisation américaine.
Article rédigé par Laetitia de Germon
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (Aux Etats-Unis la vente libre des armes relève des compétences des Etats © MaxPPP)

Barack Obama s’est exprimé jeudi depuis la Maison-Blanche quelques minutes après l’arrestation de Dylann Roof, un jeune homme de 21 ayant suspecté d’avoir tué neuf personnes dans une église noire de Charleston. Le président a confié sa tristesse et sa "colère". "Nous devons admettre le fait que ce type de violence n'arrive pas dans d'autres pays développés ", a déclaré Barack Obama, appelant une nouvelle fois à un meilleur encadrement des ventes d'armes à feu.

Un appel plus ou moins vain dans la mesure où Barack Obama n’a aucun pouvoir de décision sur la vente d’armes aux Etats-Unis. "A chaque fois qu’une tuerie de ce type se produit, Barack Obama met l’accent sur la vente libre des armes aux Etats-Unis, mais il se retrouve un peu les mains liées face à ce problème parce que le gouvernement fédéral a très peu d’outils pour intervenir là-dessus. Aux Etats-Unis la vente d’armes relève des compétences des Etats, " explique David Diallo, maître de conférences en civilisation américaine à l’université de Bordeaux, auteur d'Histoire des Noirs aux Etats-Unis .

Une situation délicate

On a l’impression qu’il y a quelque chose d’extrêmement différent entre ce qu’il s’est passé à Charleston et ce qui s’est passé à Ferguson. Cette fois, on parle d’abord de la vente d’armes avant de parler d’acte raciste. "A chaque fois qu’un fait divers comme celui-ci se produit et qu’il y a la question des relations raciales en jeu. Barack Obama marche sur une ligne très fine et doit être très prudent car il est le rassembleur du pays. Il ne peut pas avoir de discours catégoriel qui va uniquement vers les Noirs aux Etats-Unis. "

L’élection d’un Noir à la plus haute fonction du pays a donné lieu à une polarisation sur la question des relations raciales dans le discours public, politique et journalistique, constate David Diallo. "Son élection et sa réélection ont alimenté la haine et la violence des groupuscules qui pensent pouvoir élaborer des privilèges d’une race blanche. " Les groupuscules sont encouragés dans leurs actes de violence par le fait que "sur le plan démographique, d’ici à 2040, les blancs seront minoritaires dans le pays. " Cette prévision renforce leurs inquiétudes et leur haine.

Ventes d'armes aux Etats-Unis : "Barack Obama a les mains liées", explique David Diallo à Fabienne Sintès
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