Tout juste acquitté, Donald Trump congédie deux membres de son administration qui avaient témoigné contre lui

Des élus démocrates ont aussitôt dénoncé ces "représailles" de la part du président américain.

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Le président américain Donald Trump sur la pelouse de la Maison Blanche, vendredi 7 février 2020 à Washington (Etats-Unis). (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

"You're fired (Vous êtes viré) !" Deux jours après avoir été acquitté par le Sénat des chefs d'accusation d'abus de pouvoir et d'entrave à la bonne marche du Congrès qui pesaient à son encontre dans l'affaire ukrainienne, le président américain, Donald Trump, a limogé vendredi 7 février deux responsables de son administration qui avaient témoigné contre lui. 

Le premier, le lieutenant-colonel Alexander Vindman, a été prié de quitter son emploi à la Maison Blanche. Quelques heures plus tard, c'était au tour de Gordon Sondland, l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, riche homme d'affaires et donateur républicain, d'annoncer dans un communiqué qu'il était remercié avec "effet immédiat".

Deux témoins gênants

Né en Ukraine et arrivé aux Etats-Unis à l'âge de 3 ans, Alexander Vindman occupait depuis 2018 un poste de conseiller aux affaires européennes au sein du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche. En juillet, il avait écouté en direct l'appel téléphonique au cours duquel Donald Trump a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur son rival démocrate Joe Biden. Jugeant la requête "inappropriée", il avait alors décidé d'alerter les juristes de la présidence.

Gordon Sondland avait de son côté affirmé sans détour lors d'une audition publique en novembre devant le Congrès qu'un accord "donnant-donnant" avait bien été proposé aux Ukrainiens : si leur président voulait être invité à la Maison Blanche, il devait annoncer publiquement des enquêtes sur Burisma, le groupe gazier qui a longtemps employé Hunter Biden, le fils de l'ancien vice-président de Barack Obama et rival potentiel de Donald Trump à la présidentielle de novembre.

Les démocrates dénoncent des "représailles"

Des élus démocrates ont aussitôt dénoncé ces "représailles" de la part du président américain. "L'ambassadeur Sondland et le lieutenant-colonel Alexander Vindman sont des fonctionnaires courageux, des héros et des patriotes", a écrit l'élu Mark DeSaulnier sur Twitter. "La vengeance de Trump contre eux pour avoir dit la vérité est une action digne de dictateurs et de criminels, pas du président de la plus grande démocratie du monde".

Lors d'un débat entre prétendants à l'investiture démocrate pour la présidentielle, Joe Biden a lui appelé le public à une standing ovation en l'honneur du militaire. "Nous ne sommes pas comme Trump", a-t-il affirmé.

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