Présidentielle américaine : Bernie Sanders arrête sa campagne pour les primaires démocrates, Joe Biden désormais seul en lice contre Donald Trump

Le sénateur du Vermont, qui était déjà candidat en 2016, laisse le champ libre à l'ancien vice-président Joe Biden, seul candidat du Parti démocrate pour affronter Donald Trump en novembre prochain.

Bernie Sanders, le 26 février 2020, lors d\'un meeting à Myrtle Beach, en Caroline du Sud (Etats-Unis).
Bernie Sanders, le 26 février 2020, lors d'un meeting à Myrtle Beach, en Caroline du Sud (Etats-Unis). (JIM WATSON / AFP)

Terminé. Bernie Sanders a annoncé, mercredi 8 avril, qu'il se retirait de la course à la Maison Blanche. "La campagne se termine, la lutte continue", écrit dans un communiqué le sénateur démocrate du Vermont. Ce dernier était sous pression depuis fin février, après une série de défaites contre son rival Joe Biden, notamment dans l'Arizona, en Floride et dans l'Illinois. 

A 78 ans, Bernie Sanders met donc fin à sa deuxième tentative de décrocher l'investiture démocrate, après un premier abandon en 2016. L'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, est désormais le seul candidat démocrate en lice pour affronter Donald Trump, le 3 novembre prochain. Mais il doit encore être désigné officiellement candidat par le parti lors d'une convention, qui a été reporté au mois d'août à cause de la pandémie de coronavirus. Bernie Sanders a promis de travailler avec Joe Biden, qu'il a qualifié d'"homme très respectable". De son côté, Joe Biden a appelé les partisans de Sanders au rassemblement.

Socialiste revendiqué

Faisant campagne nettement à gauche, Bernie Sanders a mis fin à sa deuxième tentative de décrocher l'investiture démocrate après une série de lourdes défaites face à l'ex-bras droit de Barack Obama, plus modéré. Le sénateur indépendant du Vermont avait perdu la primaire démocrate face à Hillary Clinton en 2016.

Après un an de campagne acharnée, celle-ci était quasi-suspendue à cause de la crise, et la pression sur Bernie Sanders était forte pour qu'il abandonne, laissant ainsi la voie libre à son adversaire. Il y a quelques semaines encore, l'équation semblait pourtant très favorable à ce socialiste revendiqué, pourfendeur des inégalités et partisan de lourds impôts sur la richesse, des particuliers comme des grandes entreprises.

Un camp démocrate modéré morcelé entre plusieurs candidats, des foules de supporteurs passionnées et nombreuses, un coffre-fort plein de contributions de petits donateurs : Bernie Sanders était sorti grand favori des trois premières primaires dans l'Iowa, le New Hampshire et le Nevada.

"Union sacrée"

Alors qu'en 2016, il était seul à dénoncer un système capitaliste "corrompu" favorisant les milliardaires au détriment des travailleurs, un système de santé ruineux pour des millions d'Américains ou le poids de la dette étudiante, en 2020 la quasi-totalité des démocrates en avaient fait des thèmes centraux de leur campagne, en écho aux préoccupations des Américains. Aucun n'osait plus les écarter complètement comme "irréalistes".

Mais cette fois encore, celui que tout le monde surnomme "Bernie" a dû affronter une "union sacrée" contre lui. A la veille du "Super Tuesday" du 3 mars, deux candidats modérés, Pete Buttigieg et Amy Klobuchar jetaient l'éponge pour rallier Joe Biden, donnant le signal d'un front anti-Sanders. Dans la foulée, le milliardaire Michael Bloomberg se désistait aussi en faveur de Joe Biden. Pour eux, ce socialiste parti en voyage de noces à Moscou en 1988, qui a défendu les régimes sandiniste ou cubain, n'avait aucune chance face à Donald Trump. Lui y a vu la main de "l'establishment" du parti démocrate, qui les aurait "forcés" à se retirer.