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La condamnation de Donald Trump pour agression sexuelle peut-elle avoir des conséquences sur l'élection présidentielle de 2024 aux États-Unis ?

L'ancien président des États-Unis, qui a été jugé mardi responsable d'une agression sexuelle, peut compter sur son avance dans le camp républicain pour les primaires.
Article rédigé par franceinfo - Nathanael Charbonnier
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3min
Donald Trump, au tribunal de New-York, le 4 avril 2023. (STEVEN HIRSCH / AFP)

Cette condamnation est inédite. Même Bill Clinton, dans l'affaire qui l'avait opposé à Monica Lewinsky à la fin des années 1990, n'avait pas été condamné puisque le Sénat l'avait acquitté des charges retenues et l'impeachment du président n'avait pas été voté. Cette fois, Donald Trump qui espère reconquérir la Maison Blanche en 2024, a été jugé responsable d'une agression sexuelle et condamné mardi 9 mai à verser cinq millions de dollars de dommages et intérêts à l'ancienne journaliste E. Jean Carroll.

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Donald Trump a été condamné au civil, mais il n'est pas coupable pénalement en raison de l'ancienneté des faits, l'affaire remontant à 1996. Il s'agit donc d'une affaire entre deux personnes qui a été jugée, d'où la condamnation de cinq millions de dollars.

Mobiliser les pro-Trump comme les anti-Trump

Cette condamantion pourra néanmoins avoir une incidence sur une partie de l'électorat féminin, même si les conséquences risquent d'être plutôt marginales. Il faut avoir en tête que Donald Trump est très clivant. Il divise déjà l’Amérique en deux, donc si conséquence il devait y avoir au moment de l'élection, elle serait de mobiliser chaque camp expliquent les spécialistes des États-Unis. Les opposants à Trump iront peut-être plus voter, mais les défenseurs de Trump en feront de même.

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Avant l'élection présidentielle américaine de 2024, il va y avoir le rendez-vous des primaires. Est-ce que ce jugement peut faire l'affaire de son principal rival, le gouverneur de Floride, Ron de Santis ? Là encore il faut être prudent : à l'heure actuelle, Donald Trump conserve une avance dans le camp républicain sur De Santis. Lors de la grand-messe annuelle des conservateurs américains réunis à Washington en mars dernier, Trump avait déclaré avoir remporté le sondage d'opinion de la convention auprès des dirigeants républicains, avec 62 % des voix, loin devant son rival Ron De Santis, qui n'a récolté que 20 % des suffrages. On sait que les primaires mobilisent avant tout les plus radicaux, donc potentiellement les partisans de l'ancien président.

D'autres affaires en cours

Donald Trump n'en a pas terminé avec les affaires, notamment pour fraudes fiscales, mais aussi pour sa possible responsabilité dans l'assaut du Capitole en janvier 2021, sans oublier son intervention dans les résultats des élections dans l'état de Géorgie en 2020. C'est donc l'accumulation de toutes ces affaires qui pourrait, à l'arrivée, le discréditer dans son camp.

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