Etats-Unis : le juge conservateur Brett Kavanaugh, candidat de Trump pour la Cour suprême, accusé d'agression sexuelle

Christine Blasey Ford, une professeure de psychologie, accuse le juge de l'avoir coincée dans une pièce au début des années 1980, et de s'être livré à des attouchements alors qu'il était ivre. 

Le juge Brett Kavanaugh, candidat conservateur de Donald Trump à la Cour suprême, le 4 septembre 2018 au Capitole, à Washington (Etats-Unis). 
Le juge Brett Kavanaugh, candidat conservateur de Donald Trump à la Cour suprême, le 4 septembre 2018 au Capitole, à Washington (Etats-Unis).  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

C'est un témoignage qui pourrait remettre en question la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis. Le juge conservateur, candidat de Donald Trump pour être nommé au sein de l'institution, est accusé d'agression sexuelle par une femme de 51 ans, qui a témoigné publiquement, dimanche 16 septembre. 

Le Washington Post (en anglais) est à l'origine de ces révélations. Christine Blasey Ford, une professeure universitaire de psychologie, affirme que Brett Kavanaugh l'a agressée sexuellement au début des années 1980, alors qu'il était lycéen. Ce dernier et un ami "complètement ivres" auraient coincé la jeune femme dans une chambre, lors d'une soirée.

Brett Kavanaugh l'aurait maintenue de force sur un lit, puis se serait livré à des attouchements par dessus ses vêtements, qu'il aurait essayé en vain de lui retirer. Il aurait ensuite couvert la bouche de la jeune femme avec sa main quand elle tentait de crier. "J'ai pensé qu'il risquait de me tuer sans le vouloir", a confié Christine Blasey Ford au Washington Post. Celle-ci raconte avoir finalement pu se dégager de son étreinte et quitter la pièce. 

Une sénatrice démocrate informée cet été

Christine Blasey Ford dit n'avoir parlé à personne de ces faits jusqu'à une séance de thérapie de couple avec son mari, en 2012. Elle a fourni au Washington Post des notes prises à l'époque par son psychothérapeute, évoquant "une tentative de viol" pendant son adolescence.

Brett Kavanaugh, magistrat et ancien conseiller du président George W. Bush, dément catégoriquement ces accusations. "Je n'ai pas fait cela, que ce soit au lycée ou à n'importe quel autre moment", a écrit le juge, catholique pratiquant, marié et père de deux filles.

Ces informations sont parvenues cet été dans une lettre confidentielle à une influente sénatrice démocrate, Dianne Feinstein. Cette dernière, qui n'en avait pas touché mot aux autres sénateurs, a révélé jeudi avoir donné cette lettre à des inspecteurs. Après ce témoignage public, "il revient au FBI de mener une enquête. Cela devrait se produire avant que le Sénat n'avance sur cette nomination", a réagi Dianne Feinstein dans un communiqué, dimanche. 

Une nomination décisive

Comme Dianne Feinstein, les démocrates ont exigé le report du vote au Sénat sur la confirmation de la nomination de Brett Kavanaugh. Un vote en commission sénatoriale est prévu jeudi, avant le vote final en séance plénière qui pourrait intervenir dès fin septembre. "Insister pour voter maintenant serait une insulte pour les femmes américaines et l'intégrité de la Cour suprême", a tonné le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

L'enjeu est grand. S'il est confirmé à ce poste à vie, Brett Kavanaugh pourrait faire basculer pendant au moins une génération l'équilibre de la Cour suprême. Celle-ci est chargée de trancher sur des questions qui divisent profondément la société, comme le droit à l'avortement ou les armes.

Après la publication de l'interview, le sénateur républicain Lindsey Graham s'est dit prêt à entendre Christine Blasey Ford en commission si elle le désirait. Avant d'ajouter que cela devrait "être fait immédiatement, afin que le processus puisse se poursuivre comme prévu".