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Armes, profil du tueur, virement d'argent... Où en est l'enquête sur la fusillade à Las Vegas ?

Un arsenal important a été découvert non seulement dans la chambre du tireur, mais aussi dans sa maison. Les enquêteurs se penchent également sur un virement de 100 000 dollars effectué aux Philippines, pays dont est originaire sa compagne, en cours d'audition mercredi.

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France Télévisions
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Des policiers sur les lieux où des spectateurs ont été abattus lors d'un festival de musique country, à Las Vegas (Nevada, Etats-Unis), le 3 octobre 2017. (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Trois jours après la fusillade à Las Vegas qui a fait 58 morts et plus de 500 blessés, l'enquête avance et de nouveaux éléments sur les circonstances de la tuerie sont dévoilés. Les autorités ont notamment détaillé l'arsenal important dont disposait le tireur de 64 ans, Stephen Paddock.

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Environ 50 armes à feu retrouvées dans trois lieux différents

Dimanche soir, Stephen Paddock a fait feu sur la foule du festival country Route 91 Harvest, depuis une chambre située au 32e étage de l'hôtel-casino Mandalay Bay. Le Monde précise qu'il s'agit d'une des luxueuses suites "vista", de 150 m2. Les enquêteurs y ont découvert 23 armes, que le retraité a transportées à l'aide d'une dizaine de valises.

Une douzaine de ces armes étaient équipées de bump stock. Ces dispositifs permettent d'accélérer de façon significative la cadence de tirs d'armes semi-automatiques, pour qu'elles puissent tirer plusieurs centaines de cartouches par minute, précise le New York Times (en anglais). Les bump stock sont vendus légalement dans certains Etats américains, comme le Nevada, à partir de 99 dollars (84 euros), précise le quotidien américain. La chaîne CBS a montré dans une vidéo (en anglais) le fonctionnement de cette pièce en plastique (à 57").

Les enquêteurs ont précisé que Stephen Paddock avait installé deux caméras à l'extérieur de sa chambre. L'une d'elle était placée sur un chariot de room-service qu'il aurait récupéré après une commande. Une troisième se trouvait dans la chambre, sur le judas. "Je pense qu'il surveillait les alentours, pour que personne ne l'interpelle et ne l'emmène en garde à vue", a déclaré le shérif Joseph Lombardo.

Outre les armes découvertes dans la suite que Stephen Paddock occupait, les enquêteurs ont trouvé 19 armes, des milliers de munitions et des explosifs dans sa maison de Mesquite (Nevada), à 140 km au nord-est de Las Vegas. Ils ont également mis la main sur sept autres armes dans l'une de ses résidences à Reno, dans l'ouest de l'Etat, non loin de la frontière avec la Californie.

Un millionnaire discret

Stephen Paddock ne s'est pas fait remarquer à Mesquite, ville de 18 000 habitants qui compte un golf et où vivent de nombreux retraités plutôt aisés. "Je ne l’ai jamais vu, assure un voisin à franceinfo. Je pensais que c’était un de ces retraités qui viennent ici comme les oiseaux pour profiter du soleil de l’hiver".

La résidence de Stephen Paddock, à Mesquite (Nevada, Etats-Unis), mise sous scellé, le 3 octobre 2017. (MARTIN BIALECKI / DPA / AFP)

Si ses voisins ne l'ont pas beaucoup croisé, c'est parce que Stephen Paddock était un habitué des hôtels-casinos, où il pariait des sommes très importantes et où il pouvait vivre pendant des mois, selon son frère Eric.

Comptable et gérant d'appartements à la retraite, Stephen Paddock était devenu millionnaire grâce à des investissements immobiliers, a précisé son frère. Il a vécu en Californie, au Texas et en Floride avant de s'installer dans le Nevada il y a deux ans.

Un virement de 100 000 dollars qui pose question

Citant des sources policières, NBC News (en anglais) a révélé que, la semaine précédant son crime, Stephen Paddock avait viré 100 000 dollars (85 000 euros) sur un compte bancaire aux Philippines, pays dont est originaire sa compagne Marilou Danley, 62 ans. Les autorités philippinnes enquêtent sur ce virement.

La chaîne affirme également qu'il avait parié un total de 160 000 dollars (136 000 euros) dans des casinos, ces dernières semaines.

Sa compagne en cours d'audition

Marilou Danley est de nationalité australienne. Elle s'est installée aux Etats-Unis il y a vingt ans pour travailler dans les casinos. Elle a d'ailleurs travaillé dans un établissement de Reno.

Elle est rentrée, dans la soirée du mardi 3 octobre, d'un voyage à Manille (Philippines). Elle se trouvait là-bas lorsque Stephen Paddock a tiré sur la foule. Selon le shérif, elle est l'unique "personne d'intérêt" de l'enquête mais elle est libre de ses déplacements. Marilou Danley est entendue par les forces de l'ordre, qui tentent d'obtenir des précisions sur l'organisation et les motivations de Stephen Paddock. Selon la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop, "il y a des informations selon lesquelles ses papiers d'identité ont servi à réserver l'hôtel ou des détails comme ça".

Des motivations encore floues

Certains éléments de la fusillade s'éclaircissent. L'attaque était "évidemment préméditée". "Je suis sûr qu'il avait anticipé tout ce qu'il a fait", a assuré Joseph Lombardo, mardi. Mais le mobile de Stephen Paddock demeure mystérieux. "Nous n'avons encore écarté aucune piste dans cette enquête", a déclaré le shérif adjoint de Las Vegas, Kevin McMahill. Le frère du tireur a déjà fait état de sa surprise à plusieurs médias américains, précisant que Stephen Paddock n'avait pas de "convictions religieuses" connues.

L'organisation terroriste Etat islamique a pourtant revendiqué l'attaque, présentant Stephen Paddock comme l'un de ses "soldats". Mais le FBI a aussitôt écarté cette piste, affirmant n'avoir établi aucun lien entre le retraité et "une quelconque organisation terroriste internationale". Une ligne scrupuleusement suivie par Donald Trump. Interrogé mardi soir, sur un éventuel lien entre le tireur et le groupe Etat islamique, il a simplement répondu : "Je n'en ai aucune idée."

Le président américain a ensuite qualifié Stephen Paddock de "malade" et de "dément", avant de préciser qu'il s'agissait simplement d'un commentaire général : "Je pense que nous savons que c'est le cas, même sans avoir les derniers éléments."

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