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Attentat déjoué : ce que l'on sait des trois suspects interpellés dans l'Hérault

Les suspects sont une jeune fille de 16 ans et deux hommes âgés de 20 et 33 ans. Ils sont connus des services antiterroristes.

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France Télévisions
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L'hôtel de police de Montpellier (Hérault), le 11 février 2017, où ont été placées en garde à vue quatre personnes suspectées de commettre un attentat. (PASCAL GUYOT / AFP)

Les enquêteurs commencent à en savoir un peu plus sur leurs profils. Trois personnes arrêtées vendredi dans l'Hérault et soupçonnées de projeter un attentat "imminent" en France sont toujours en garde à vue, samedi 11 février. Un quatrième homme interpellé vendredi a été lui relâché.

Franceinfo fait le point sur les informations dont on dispose sur les trois suspects.

Thomas, 20 ans, fiché S 

Projet d'attentat déjoué dans l'Hérault : ce que l'on sait des quatre suspects

Sans travail, Thomas, 20 ans, vivait dans une cave avant d'être hébergé en début de semaine dans l'appartement de Clapiers transformé en laboratoire artisanal d'explosif. C'est là que les enquêteurs ont découvert 71 grammes de TATP, un explosif puissant mais très instable, ainsi que des ingrédients pour en fabriquer, comme de l'acétone et de l'eau oxygénée. "Il dormait dans la cave de ses beaux-parents, raconte l'homme qui l'a hebergé à France Bleu Hérault. Quand j’ai su ça, je me suis dit : avec le froid qu’il fait, je vais l’héberger deux ou trois jours. Jamais je n’aurais pensé qu’il fomentait un attentat."

Le jeune homme, converti à l'islam, a grandi dans les Ardennes. Fiché S, il a été arrêté fin 2015 à l'aéroport d'Orly alors qu'il prévoyait de rejoindre la Turquie, rapporte France 2. Interrogée par la chaîne, sa mère décrit un jeune homme radicalisé depuis quelques années.

Il a toujours été influençable, il changeait beaucoup. Quand il avait quelque chose, c'était à fond dedans, après j'arrête tout, je refais autre chose, à fond dedans, j'arrête tout, je recommence

La mère de Thomas

à France 2

Décrit comme "instable" et "se cherchant beaucoup", Thomas a commencé à ne plus manger de porc il y a deux ans et à s'intéresser à la religion. "Il a commencé à aller de temps en temps à la mosquée, mais rarement", raconte sa mère. Puis il a commencé à avoir "un autre discours sur les femmes", "sur les femmes pas mariées qui vivaient avec un homme, sur les filles qui étaient habillées en mini-jupes".

Sarah, une adolescente de 16 ans

Elle aussi convertie, Sarah, 16 ans, devait se marier religieusement avec Thomas, qu'elle avait rencontré sur internet. L'adolescente, sans histoire, introvertie, avait arrêté le lycée il y a quelques mois et s'était radicalisée il y a un an et demi, selon les informations de franceinfo. Elle a été interpellée au domicile de sa mère dans le centre-ville de Montpellier. "Imaginez dans quel état j'étais, très choquée, je n'aurais absolument pas pu imaginer ce genre de chose, qu'un jeune homme puisse entraîner ma fille", raconte cette dernière à RTL.

Ma jeune fille se cherche. Ils prennent des personnes qui sont un peu fragilisées. Elle a été manipulée par internet et ce jeune homme. C'est un drame familial, comme jamais.

La mère de Sarah

à RTL

Sarah devait quitter la France pour rejoindre la zone irako-syrienne et s'en était vantée sur les réseaux sociaux. Elle avait aussi fait allégeance au groupe Etat islamique dans une vidéo enregistrée il y a trois jours. "Je l'ai rencontrée lorsque nous avons nettoyé ensemble l'une des mosquées de Montpellier, raconte une de ses relations à La Dépêche du Midi. Elle m'a expliqué qu'elle étudiait la religion sur internet. C'est ainsi qu'elle s'est radicalisée. Elle a parfois évoqué [le groupe Etat islamique] mais à aucun moment elle n'a fait état de son engagement dans l'action ni de sa volonté de rejoindre la Syrie.

Malik, 33 ans, le "mentor" présumé du couple

Marié, père de deux jeunes enfants, Malik apparaît comme le mentor de ce groupe. Agé de 33 ans, il est propriétaire d'un appartement de 50m2 au premier étage d'un immeuble ancien dans le centre-ville de Marseillan, dans l'Hérault. Il y a environ un an, cet ancien soudeur a arrêté de travailler pour lancer son auto-entreprise.

Interrogée par franceinfo, sa voisine est sous le choc. "C'est un voisin ordinaire, pas de souci particulier, aimable, poli, il nous embrassait pour dire bonjour, raconte-t-elle. Il avait même rasé sa barbe. Franchement, on est sur le cul. Il nous a tenu un discours tout à fait correct il y a un mois et demi. Cela nous avait confortés dans l'idée qu'il n'était pas un musulman radical…"

La voisine de Malik témoigne, sous le choc
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Un profil bien différent de celui découvert par les enquêteurs. L'homme était depuis plusieurs mois dans le viseur de l'antiterrorisme pour des faits de radicalisation. Il était soupçonné d'avoir joué un rôle actif dans cette micro-cellule.

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