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Ce que l'on sait du coup de filet antiterroriste mené dans l'Hérault

Le projet d'attaque était imminent, selon le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux. Quatre personnes ont été interpellées.

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France Télévisions
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Un immeuble de Montpellier où une personne suspectée de préparer un attentat sur le sol français a été arrêtée, vendredi 10 février 2017. (MAXPPP)

Une semaine après l'attaque du Carrousel du Louvre, nouvelle alerte terroriste en France. Quatre personnes soupçonnées de préparer un attentat, dont une adolescente de 16 ans, ont été interpellées, vendredi 10 février, autour de Montpellier et Béziers (Hérault). Leur projet d'attaque était imminent, selon le ministre de l'Intérieur Bruno Le RouxFranceinfo récapitule ce que l'on sait à ce sujet.

Qui sont les suspects ?

Trois hommes et une femme ont été arrêtés. Parmi eux, un couple semble être au cœur des projets d'attaque : un homme de 20 ans, connu pour avoir tenté de partir en Syrie fin 2015, et sa compagne de 16 ans. Ces deux jeunes gens avaient projeté de se marier religieusement avant de perpétrer leur attaque.

L'homme de 20 ans projetait d'effectuer une opération kamikaze, selon une source policière, et la seconde avait le projet de rejoindre la zone irako-syrienne ou à défaut de frapper la France. Cette jeune femme avait été repérée sur les réseaux sociaux, car "l'un de ses mentors était un des objectifs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI)", selon une source policière citée par l'AFP.

Selon une source proche du dossier contactée par franceinfo, la jeune femme aurait enregistré une vidéo d'allégeance à l'organisation Etat islamique mercredi, laissant peu de doutes quant à l'imminence d'une action violente.

Un deuxième homme, âgé de 33 ans et connu pour des faits de radicalisation, a lui aussi été arrêté. Il bénéficiait de contacts en Syrie et aurait joué le rôle de "tuteur" du couple, selon les informations de BFMTV. Le rôle du troisième homme, âgé de 26 ans, est en revanche plus flou en l'état actuel des investigations. Il pourrait n'être qu'en périphérie du groupe.

Qu'ont trouvé les enquêteurs ?

Au domicile du principal suspect situé à Clapiers, dans l'agglomération de Montpellier, les policiers de la sous-direction antiterrorisme (Sdat) de l'Hérault ont trouvé des matériaux explosifs à différents degrés de confection. Ils ont ainsi mis la main sur 71 grammes de TATP (un explosif artisanal puissant mais très instable, prisé des jihadistes), 1 litre d'acétone et 1 litre d'eau oxygénée.

Que sait-on de leur projet d'attentat ?

Peu de choses, outre la volonté affirmée du principal suspect de perpétrer une action kamikaze. Au micro de France Bleu Hérault, l'hébergeur du principal suspect de l'attentat ne cachait d'ailleurs pas sa surprise. "J'ai voulu aider quelqu'un dans la détresse : la vie va m’apprendre qu’'l ne faut faire confiance à personne."

Avec le recul, l’homme, qui souhaite rester anonyme, "s'en veut". "Il dormait dans la cave de ses beaux-parents. Quand j’ai su ça, je me suis dit : avec le froid qu’il fait, je vais l’héberger deux ou trois jours. Jamais je n’aurais pensé qu’il fomentait un attentat", confie-t-il.

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur a de son côté félicité les policiers pour avoir empêché "un projet d'attentat imminent sur le sol français".

"Soit ces individus s'apprêtaient à passer à l'acte, soit ils étaient en lien avec des groupes terroristes commanditaires d'actes (...), que ces acteurs soient situés en France ou sur le théâtre des opérations terroristes", a de son côté ajouté le Premier ministre Bernard Cazeneuve. Celui-ci a par ailleurs fait état de "plusieurs centaines d'interpellations d'individus qui ont été pour la plupart d'entre eux judiciarisés" depuis le début de l'année 2016.

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