Témoignages Frappes turques en Syrie : "Ce ne sont pas seulement les Kurdes qui sont ciblés, c'est tout le peuple syrien !", estime un villageois

La Turquie a débuté ses raids aériens sur les régions kurdes de Syrie et d'Irak dimanche. 

Article rédigé par
Noé Pignède - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des secouristes et des civils syriens se tiennent sur les lieux d'une attaque à la roquette dans la ville d'Azaz, dans le nord de la province d'Alep controlés par les forces Kurdes, le 22 novembre 2022.  (AFP)

Raed Fawaz habite à 70 kilomètres au sud de la frontière turque. Lorsqu'il envoie ce message, une bombe vient tout juste de tomber sur son village. "L'attaque a fait plusieurs victimes dont des civils, raconte-t-il, Beaucoup de gens fuient actuellement les villages alentour à cause des bombardements. Ici, tout le monde a peur des frappes turques."

>> Attentat d'Istanbul : la riposte de la Turquie menace le Kurdistan syrien

Depuis quatre jours et le lancement de l'opération "Griffe Épée", cette zone contrôlée par les milices kurdes est sous le feu de l’aviation et des drones. Selon l’OSDH, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, il y aurait déjà une quarantaine de morts. Une offensive en réaction à l'attentat d'Istanbul du 13 novembre dernier, que Recep Tayip Erdogan impute aux combattants kurdes du PKK. Le président turc promet une offensive au sol très prochainement.

Frappes turques en Syrie : témoignages d'habitants au micro de Noé Pignède
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Civils visés   

Alaa Hiso, lui, vit à Kobané, une cible prioritaire de la Turquie. Le président Erdogan promet d'en chasser les milices kurdes. Mais d'après ce fermier, les avions et les drones turcs ne frappent pas uniquement des cibles militaires. "Ils visent les hôpitaux, des écoles. Tout le monde est terrorisé", assure-t-il. "Ce ne sont pas seulement les Kurdes qui sont ciblés, c'est tout le peuple syrien !, déclare le fermier, Mais malgré ces attaques, la communauté internationale reste silencieuse.'" 

Lors de la précédente invasion turque en 2019, 300 000 civils avaient dû fuir leurs villages. Ibrahim Youssef est l'un d’entre eux et aujourd’hui, il craint d'être à nouveau chassé de chez lui.

"Nous, les civils, on veut juste une vie normale : être à la maison, aller au travail. Mais depuis 11 ans, notre quotidien, c'est la guerre. Alors bien sûr que s'ils nous attaquent, nous prendrons les armes pour nous défendre."

Ibrahim Youssef, un villageois kurde

à franceinfo

Mais Ibrahim sait que les milices kurdes ne sont pas en mesure de faire face à la puissance de feu de l’armée turque. Il espère désormais une intervention de la coalition internationale.

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