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Trois questions sur la vague d'arrestations de manifestants en Russie

Plus d'un millier de personnes ont été arrêtées lors de rassemblements organisés par l'opposition pour dénoncer la corruption.

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France Télévisions
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Un manifestant est arrêté par la police russe, à Moscou (Russie) le 26 mars 2017 lors d'un mouvement organisé par l'opposition. (SEFA KARACAN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Les manifestations étaient de grande ampleur, dimanche 26 mars, en Russie. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à travers le pays pour dénoncer la corruption et réclamer la démission du Premier ministre, Dmitri Medvedev. Les opposants "historiques" au Kremlin ont pour l'occasion été rejoints par des lycéens nés au début du siècle et qui ont toujours connu Vladimir Poutine au pouvoir. Interdits pour la plupart par les autorités, ces rassemblements se sont terminés par l'arrestation de plus d'un millier d'opposants. Que deviennent les personnes interpellées ? Quelles ont été les réactions à l'international ? Franceinfo répond à trois questions sur la situation.

Que deviennent les opposants arrêtés ?

A l'origine de ce mouvement : l'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny. Il avait appelé à la mobilisation après avoir publié un rapport accusant Dmitri Medvedev de se trouver à la tête d'un empire immobilier financé par les oligarques. Le chef de file de la contestation, arrêté à Moscou, a été condamné lundi à 15 jours de prison pour désobéissance à un officier de la force publique. Il devra également verser 20 000 roubles d'amende, soit environ 325 euros, pour avoir organisé un rassemblement qualifié d'illégal par les autorités.

Quant aux autres manifestants arrêtés pendant les marches du dimanche 26, la très grande majorité d'entre-eux ont été libérés dans la nuit de dimanche à lundi après s'être vus signifier une "infraction administrative" pour participation à une manifestation non autorisée. Au moins 120 personnes restaient toujours détenues par la police lundi matin, selon l'organisation OVD-Info, spécialisée dans la surveillance des manifestations.

Comment réagit la communauté internationale ? 

De nombreux pays ont condamné ces très nombreuses arrestations. L'Union européenne a ainsi appelé la Russie à relâcher "sans tarder les manifestants pacifiques" qui ont été arrêtés. Ces derniers se sont vus "empêchés d'exercer leurs libertés fondamentales dont la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique, qui sont toutes inscrites dans la Constitution russe", a estimé une porte-parole de l'UE dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont également fermement condamné, lundi, "la détention de centaines de manifestants pacifiques à travers la Russie", par l'intermédiaire du porte-parole du département d'Etat, Mark Toner. "Interpeller des manifestants pacifiques, des observateurs des droits de l'homme et des journalistes est un affront aux valeurs démocratiques fondamentales", a-t-il dit dans un communiqué.

"Cette situation suscite une vive préoccupation de la France, a enfin commenté le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Les libertés de manifestation, de réunion, d'association et d'expression sont des libertés fondamentales que garantissent la Constitution russe et les engagements internationaux auxquels la Russie a souscrits." La France a donc appelé "les autorités russes à respecter ces engagements".

Comment se justifie le Kremlin ? 

Le Kremlin a rejeté toutes ces critiques, qualifiant les manifestations de "provocation" et de "mensonge", a dénoncé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. L'un des reproches du pouvoir est la participation d'enfants mineurs aux rassemblements. La police aurait établi que des adolescents, dont certains ont été arrêtés, avaient reçu de l'argent de la part des organisateurs pour assister à la manifestation.

"Nous ne pouvons pas respecter des gens qui trompent volontairement des mineurs – en l'occurrence des enfants – en les impliquant dans des mouvements illégaux dans des endroits non autorisés et en leur offrant des récompenses en échange et en mettant leurs vies en danger", a expliqué Dmitri Peskov, même si le Kremlin a refusé d'avancer dans l'immédiat des preuves de ses accusations.

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