Le Rassemblement national trouve un accord avec son créancier russe sur un prêt de plusieurs millions d'euros

L'entreprise russe avait initialement prêté environ 9 millions d'euros au parti d'extrême droite, mais avait porté plainte pour non-remboursement.

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La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), le 26 janvier 2020. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Le Rassemblement National (RN), en difficulté financière, a trouvé un accord avec une entreprise russe qui le poursuivait en justice pour le non-remboursement d'un prêt d'environ 9 millions d'euros. Une porte-parole du tribunal d'arbitrage de Moscou, devant lequel était portée l'affaire, a affirmé mercredi 3 juin qu'un "accord à l'amiable" avait été "approuvé par le juge", après une audience préliminaire en présence d'un avocat du parti de Marine Le Pen.

Selon le tribunal, un document détaillant et confirmant l'entente sera publié d'ici cinq jours ouvrés. Il s'agit d'un nouvel épisode de l'affaire du "prêt russe" souscrit par le RN en 2014, initialement auprès d'une banque russe, la First Czech-Russian Bank (FCBR). 

Une plainte pour le "recouvrement d'un crédit"

A l'époque, la révélation de cet emprunt avait suscité des soupçons sur la volonté du Kremlin de soutenir le parti de Marine Le Pen, qui critique les sanctions occidentales imposées à Moscou à cause de la crise ukrainienne. Le RN affirmait avoir pris cette décision en raison du refus des banques françaises de lui accorder un prêt.

Début décembre, une firme russe, Aviazaptchast, qui a hérité de la créance, a attaqué en justice le RN pour défaut de remboursement. Selon la Cour d'arbitrage, la société Aviazaptchast, dirigée par d'anciens militaires russes et spécialisée dans les pièces détachées pour avions, a déposé cette plainte mi-décembre pour le "recouvrement d'un crédit". Après le paiement des taux d'intérêt (qui s'élèveraient à 6% selon le RN), le parti devait, selon les clauses prévues, s'acquitter du capital en septembre 2019.

La First Czech-Russian Bank a fermé en juillet 2016. Avant qu'elle soit placée sous tutelle, la créance avait été cédée en mars 2016 à une entreprise russe de location de voitures, Conti, puis revendue à Aviazaptchast. En difficultés financières, le RN saura, le 16 juin, s'il est condamné en France dans le cadre du financement de sa campagne pour les élections législatives en 2012. L'Etat français réclame près de 11,6 millions d'euros de dommages et intérêts.

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