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Syrie : "C'est une punition généralisée, un massacre, une politique de terre brûlée" dans la Ghouta orientale

Ziad Alissa, président de l'Union des organisations de secours et soins médicaux-France, a estimé, dimanche sur franceinfo, ne pas voir une "guerre ciblée contre un groupe terroriste" dans la Ghouta orientale.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Un homme marche dans une rue de Douma dans la Ghouta orientale (Syrie), le 25 février 2018. (HAMZA AL-AJWEH / AFP)

Les combats se poursuivent dans la Ghouta orientale en dépit d'un cessez-le-feu "sans délai" voté, samedi 24 février, par le Conseil de sécurité de l'ONU. Ziad Alissa est médecin anesthésiste-réanimateur, président de l'Union des organisations de secours et soins médicaux-France. Dimanche sur franceinfo, il a expliqué que la mise en place des couloirs humanitaires doit se faire de toute urgence car sur place, "c'est l'enfer".

franceinfo : Que vous disent vos représentants sur place ?

Ziad Alissa : C'est catastrophique, c'est l'enfer. Il y a des bombardements presque en continue. Les habitants là-bas essaient de fuir dans des sous-sols qui ne sont pas du tout équipés comme il faut, il n'y a pas de chauffage, pas d'électricité, il y a un manque de nourriture. Il y a un manque de médicaments dans les hôpitaux, beaucoup d'amputations parce qu'il n'y a pas de moyens d'effectuer de la chirurgie vasculaire pour sauver des jambes. Hier, on a eu quand même cet espoir avec la résolution du Conseil de sécurité. Malheureusement, les bombardements n'ont pas été arrêtés complètement, car dans la résolution ils n'ont pas demandé d'arrêt immédiat, mais "le plus tôt possible". Cela a, quand même, donné un peu plus de temps au régime pour bombarder.

Est-ce qu'il faut rapidement des couloirs humanitaires ?

Ils ont besoin de médicaments, de lait pour les enfants, de nourriture, mais le besoin numéro un est que les bombardements s'arrêtent. Il faut vraiment un couloir humanitaire neutre et vite avec les Nations Unies, avec la Croix-Rouge et toutes les ONG. Nous les premiers, on est prêts à collaborer, à travailler avec la Croix-Rouge. Mais, vraiment, il faut un couloir humanitaire neutre, car les gens ne vont pas aller se rendre vers des soldats ou des milices. Il faut des garanties pour qu'on arrive quand même à évacuer les blessés et les malades. Entre les malades, les blessés et ceux qui ont besoin de quitter cette zone pour se faire soigner, on est à près de 700 personnes.

Quelle est la véritable cible du régime syrien ?

Les bombardements touchent tout. Là, à l'intérieur de cette zone, il y a des rebelles qui combattent le régime syrien depuis des années. Oui, on le sait ça. Parmi eux, il y a des groupes extrémistes. Oui, tout le monde le sait. Mais nous, en tant qu'humanitaire, on dit qu'il ne faut pas prendre tous ces civils au piège. Ces bombardements touchent toute la ville. C'est une punition généralisée, c'est un massacre, une politique de terre brûlée. C'est : "Je veux récupérer cette zone-là et je permets d'utiliser toutes les armes pour reprendre cette zone." Je ne vois pas une guerre ciblée contre un groupe terroriste.

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