Ce que l'on sait des jihadistes présumés interpellés à Strasbourg

Les équipes du Raid et du GIGN sont intervenues dans le quartier de la Meinau à Strasbourg (Bas-Rhin). Six personnes ont été placées en garde à vue.

Les équipes du Raid et du GIGN en opération dans le quartier de la Meinau, à Strasbourg (Bas-Rhin), le 13 mai 2014.
Les équipes du Raid et du GIGN en opération dans le quartier de la Meinau, à Strasbourg (Bas-Rhin), le 13 mai 2014. (FRANCE 3 ALSACE / FRANCETV INFO)

Ils sont partis faire le jihad en Syrie avant de regagner la France. Six jeunes Français ont été interpellés à Strasbourg (Bas-Rhin), mardi 13 mai à l'aube, avant d'être placés en garde à vue, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Francetv info revient en trois questions sur ces arrestations de présumés jihadistes.

Comment s'est déroulée l'intervention ?

Plusieurs immeubles du quartier de la Meinau, un quartier populaire de Strasbourg, ont été investis vers 6 heures du matin par les forces de police. Selon les informations d'Europe 1, les forces de police sont intervenues principalement dans un immeuble de quatre étages. 

L'opération a été menée par les équipes de la toute nouvelle Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), avec le soutien du Raid et du Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN). "L'opération s'est parfaitement déroulée et les six individus ont été placés en garde à vue", a déclaré dans la matinée Bernard Cazeneuve, qui s'est félicité au passage de l'application du plan de prévention et de lutte contre les filières jihadistes. Pourtant, selon i-Télé, l'intervention visait 10 à 14 jeunes de retour de Syrie.

CLÉMENT LE GOFF, STÉPHANIE LAFUENTE, RAPHAËL DOUMERGUE / FRANCE 2

Quelles sont les raisons de ces interpellations ? 

Selon les premiers éléments de l'enquête, il s'agit de vérifier si ces jeunes gens se sont rendus en Syrie avec l'intention d'y mener le jihad. Les services de renseignements craignent qu'à leur retour, certains ne commettent des actes terroristes en France. La France cherche ainsi à neutraliser tout danger potentiel. 

"On me demande souvent ce qu'il advient" à leur retour de ces jeunes partis en Syrie pour y mener le jihad, a commencé Bernard Cazeneuve, avant d'apporter une réponse ferme : "Ils sont en lien avec une entreprise terroriste, ils sont arrêtés et remis à la justice." 

Qui sont ces jihadistes présumés ?

A la mi-décembre 2013, 14 jeunes Strasbourgeois annoncent à leurs familles qu'ils se rendent à Dubaï pour des vacances, selon Europe 1. Les jeunes prennent en réalité la direction du sud de la Turquie. De là, Ils sont "susceptibles d'avoir rejoint un camp d'entraînement", indique un policier à l'AFP. Ils se sont "beaucoup manifestés" sur internet via des réseaux sociaux où ils auraient pris attache avec une filière d'embrigadement.

Par la suite, ils sont soupçonnés d'être passés en Syrie pour y gagner les rangs de la rébellion armée. Selon des témoignages recueillis par l'AFP à Strasbourg, deux jeunes jihadistes originaires du quartier de la Meinau auraient trouvé la mort en Syrie. Les autres seraient revenus en France, il y a environ un mois.

De source proche du dossier, quelque 780 personnes vivant en France sont parties en Syrie. La mort d'une petite trentaine d'entre elles a été recensée. Par ailleurs, Bernard Cazeneuve avait chiffré début mai à 285 le nombre de Français engagés sur les théâtres d'opérations en Syrie.