Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Du rap dans les ruines de Sanaa, Yémen

La guerre au Yémen vue par des enfants et un chanteur de Sanaa, la capitale. Dans les ruines d'une salle publique détruite par un bombardement pendant des funérailles en 2016, le rap pour résister à la destruction. Extrait d'un document diffusé dans "Envoyé spécial" le 8 février 2017.

Voir la vidéo

Peu d'images nous arrivent du Yémen, en guerre depuis 2015. Les bombardements de la coalition menée par l'Arabie saoudite font sans cesse des victimes civiles. Pour sensibiliser le monde à ce que vivent ses compatriotes, la réalisatrice yéménite Khadija Al-Salami a eu l'idée de montrer leur quotidien à travers le regard de trois enfants. Le 8 février 2018, "Envoyé spécial" diffusait une version courte de son film (qui sortira dans quelques mois au cinéma). 

Dans cet extrait, Ahmed, 11 ans, et Youssef, 9 ans, ont choisi d'interviewer un chanteur yéménite. Ils ont emmené Madji al-Zyadi dans les ruines d'une salle publique détruite par une attaque aérienne, le 8 octobre 2016. Le bombardement a fait 140 morts et plus de 500 blessés parmi la foule réunie pour une cérémonie funéraire.

"Moi, Yéménite / la tête toujours haute"

Après ces années noires, quel avenir pour les jeunes au Yémen ? Le chanteur est ému : "Dans ces circonstances… dur. Vraiment dur", dit-il avant de comparer le pays à "un corps atteint d'un cancer, qui agonise". 

Mais contre la tragédie et le pessimisme, il y a le rap. Dans ce pays traditionaliste du sud de la péninsule Arabique, c'est encore un phénomène récent. Madji al-Zyadi l'explique aux deux garçons : "Il n'y a pas d'entraves, tu peux dire ce que tu veux." Joignant le geste, qui "doit être totalement libre", à la parole, Madji entraîne les garçons dans un freestyle qui sonne comme une promesse de résilience : "Moi, Yéménite / la tête toujours haute…"

Extrait d'un documentaire de Khadija Al-Salami, à voir dans "Yémen : les enfants et la guerre".