VIDEO. Des jihadistes ont-ils été exfiltrés de Raqqa en vertu d'un "accord secret" ?

La BBC révèle que 250 jihadistes, dont des Français, ont été autorisés à fuir la capitale de l'Etat islamique, alors bombardée, sous le regard de la coalition internationale. Les faits se seraient déroulés le 12 octobre.

FRANCE 2

C'est l'histoire d'un "accord secret" dévoilé lundi 13 novembre par la BBC. Images et témoignages à l'appui, le média britannique révèle que 250 jihadistes, dont des combattants étrangers, et leurs familles ont été autorisés à fuir Raqqa le 12 octobre, alors sous les feux des bombes. Quelques heures avant la chute de la capitale de l'organisation État islamique (EI), un accord est négocié entre les combattants kurdes et arabes soutenu par la coalition internationale et par l'EI.

Au terme de ce pacte, des soldats de l'EI et leurs proches sont évacués par camions. Cela permet d'éviter d'autres combats sanglants et donc d'épargner des milliers de civils. "Il y avait beaucoup de véhicules. Je ne pouvais même plus les compter. Cela leur a pris au moins quatre heures de passer par ici", raconte à la BBC un témoin de cette exfiltration.

Des menaces contre la France

L'audiovisuel public britannique a également retrouvé les chauffeurs des camions. "D'où venaient les étrangers ?" leur demande le reporter de la BBC. "De France, de Turquie, du Pakistan, du Yémen, d'Arabie saoudite, de Chine, de Tunisie, d'Egypte. En fait, il y avait un grand nombre d'étrangers", lui répond un conducteur. 

La BBC s'est également entretenue avec Abu Basir Al-Faransy, un combattant français de l'EI, qui a fui Raqqa avant l'exfiltration et qui se trouve maintenant à Idlib. "Il y a des frères français qui sont partis pour la France pour perpétrer des attaques qui se dérouleront au moment du Jour du jugement", menace-t-il. 

Ces combattants ont-ils justement réussi à rejoindre la Turquie et donc les portes de l'Europe ? Selon Ryan Dillon, le porte-parole de la coalition, les empreintes digitales des combattants devaient être prises pour éviter une fuite des étrangers. Mais, ajoute-t-il, "je ne peux pas dire avec 100% de certitude que chaque combattant ait été identifié à son départ de Raqqa". 

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Les ruines de Raqqa (Syrie), le 22 octobre 2017.
Les ruines de Raqqa (Syrie), le 22 octobre 2017. (YOUSSEF RABIH YOUSSEF / EPA)