Offensive turque sur Afrin : à la frontière avec la Syrie, on maudit les Kurdes et "ces terroristes du PKK"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan annonce que son armée pourrait s’emparer de la ville d’Afrin, dans le nord-est de la Syrie, dès mercredi soir. En Turquie, la majorité de la population soutient cette offensive contre les combattants kurdes.

La mosquée Çalik de Kilis en Turquie, près de la frontière syrienne, est en travaux après avoir été en grande partie détruite par une roquette des forces kurdes, le 14 mars 2018.
La mosquée Çalik de Kilis en Turquie, près de la frontière syrienne, est en travaux après avoir été en grande partie détruite par une roquette des forces kurdes, le 14 mars 2018. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

La mosquée Çalik de Kilis, en Turquie, près de la frontière syrienne, est toujours fermée. Elle est en travaux après avoir été en grande partie détruite par une roquette des forces kurdes. "Les gens qui ont fait ça font régner la terreur, accuse l’imam Ibrahim Bayran. Ils n’ont pas d’humanité. Nous les condamnons avec la plus grande fermeté et nous condamnons tous ceux qui les soutiennent."

L'imam de Kilis est comme une majorité de la population en Turquie. Il soutient l’assaut turc contre Afrin. Les Kurdes, au contraire, s'en inquiètent. Cette ville du nord-est de la Syrie est le bastion d’YPG, une milice kurde soutenue par les États-Unis mais qualifiée de terroriste par Ankara. L’armée turque et ses alliés rebelles syriens l’ont encerclée. Le président Erdogan promet de l'encercler en totalité dès mercredi 14 mars. Les forces kurdes promettent une résistance féroce.

Ankara met les forces kurdes au même niveau que  le groupe Etat islamique

La Turquie a désormais repoussé les Kurdes loin de la frontière. Mais au début de l’offensive contre Afrin, la milice YPG, proche du PKK, le parti séparatiste kurde, a tiré plusieurs roquettes en territoire turc. L’une d’entre elles a largement détruit la mosquée Çalik de Kilis. "Ces terroristes du PKK nous menacent depuis longtemps. On vit avec cette menace depuis 1983", souligne l’imam Ibrahim Bayran.

Ces gens s’en prennent à notre pays, à notre peuple, à nos lieux de culte. J’espère que notre armée va les vaincre. Ils auront la réponse qu’ils méritent.Ibrahim Bayranà franceinfo

De nombreux Turcs tiennent ce discours et estiment que l’offensive contre Afrin est essentielle pour sécuriser le nord de la Syrie. "Cette opération est très importante, dit Ahmat, 56 ans qui a toujours vécu à Kilis. 45 à 50 roquettes ont été tirées vers le sud de la Turquie. Nous avions tous peur notamment dans les commerces. Cette opération est essentielle pour éviter cela. Elle aurait même pu être lancée bien plus tôt. Depuis qu’elle est lancée, nous sommes rassurés."

Le PKK a commis de nombreux attentats en Turquie. Pour Ankara, c’est un groupe terroriste, au même titre que l’organisation État islamique, et les forces kurdes YPG en sont une émanation. Pour justifier l’opération contre Afrin, beaucoup de Turcs prennent à témoin l’étranger de passage : que feriez-vous si un groupe terroriste créait un État autonome à vos portes ?