Sanctions contre l'Iran : "L'erreur est de penser que le pays va céder", analyse un spécialiste

L'ultraconservateur Ebrahim Raïssi, tout juste élu président dès le premier tour ce samedi 19 juin, hérite d'un pays essouflé, en récession, mais qui résiste face aux sanctions, selon Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran.

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Parmi les principaux dossiers sur la table d'Ebrahim Raïssi, les sanctions internationales contre son pays et le retour dans l'accord de Vienne sur le nucléaire du pays. (ATTA KENARE / AFP)

L'ultraconservateur Ebrahim Raïssi a remporté la présidentielle iranienne avec 61,95% des voix au premier tour. Il devra reprendre en main les négociations ouvertes à Vienne sur la relance de l'accord de 2015, qui encadre les activités nucléaires iraniennes. "L'erreur que l'on commet est de penser qu'en empilant les sanctions, le pays va céder", a expliqué ce samedi 19 juin sur franceinfo Thierry Coville, chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran, et docteur en sciences économiques à Novancia.

franceinfo : L'Iran se porte mal. Quelle est la situation économique du pays ?

Thierry Coville : Je dirai que cela fait dix ans que le pays est en récession. Il y a eu des sanctions très dures, par l'Europe et les Etats-Unis, début 2010. Aujourd'hui, le pays est essoufflé. L'erreur que l'on commet est de penser qu'en empilant les sanctions, le pays va céder. Le gouvernement a cessé d'investir mais le pays résiste. C'est la population qui en paye le prix. Il y a eu 40% d'inflation, même plus. Les gens achètent de la viande à crédit. Huit millions d'Iraniens seraient tombés dans la pauvreté depuis 2011. Le pays est affaibli, la population subit un choc social énorme, mais on voit les limites de la politique américaine de sanctions puisque l'Iran et les Etats-Unis sont en train de négocier pour un retour dans l'accord de Vienne.

Qu'attend le pouvoir iranien des Etats-Unis ?

C'est le Guide suprême iranien qui gère les affaires internationales et nucléaires. Si l'Iran avait voulu sortir de l'accord, il l'aurait fait. Ils ont attendu en espérant qu'un président américain veuille revenir dans l'accord. Donc ce n'est pas maintenant qu'ils vont abandonner. Le Guide Ali Khamenei espère. Et il a donné mandat à l'équipe qui est à Vienne de négocier, pour que les Etats-Unis reviennent dans l'accord et lèvent les sanctions.

Ce retour dans l'accord et la levée des sanctions sont-ils l'espoir des Iraniens ?

Très clairement ! Tous les problèmes de l'économie iranienne ne vont pas disparaître avec la levée des sanctions mais l'Iran pourrait de nouveau exporter son pétrole. Donc il y aurait une amélioration de l'environnement macroéconomique. La croissance repartirait, l'inflation ralentirait. Cela donnerait un répit bienvenu à la population iranienne.

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