Covid-19 : à Jérusalem, commerçants et hôteliers espèrent le retour des touristes après une année "extrême"

Dans la ville sainte, les touristes, désormais autorisés à entrer en Israël, sont attendus comme le Messie, tant l’économie touristique s’est effondrée à cause de l’épidémie de coronavirus Covid-19 et les récents affrontements qui ont secoués la région.

Article rédigé par
Farida Nouar, envoyée spéciale à Jérusalem - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Zoheir ne vend plus ses jus d’oranges pressés aux touristes de la vieille ville. (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

Sur ses étagères, les menorah et les mains de Fatma n’ont jamais autant brillé. Avec son plumeau, ce gérant d’un "gift shop", un magasin de souvenir, à l’entrée de la porte de Jaffa, à Jérusalem, en Israël, s’occupe comme il le peut. Depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus Covid-19, il n’a pas vu de touristes. "Des Brésiliens, indique-t-il. C’est le dernier groupe que j’ai vu ici. La situation est vraiment difficile pour tout le monde depuis le début du coronavirus. On souffre beaucoup. On a perdu beaucoup d’argent. C’est très difficile. J’espère que les choses vont s’améliorer."

Les touristes n'arrivent qu'au compte-gouttes

La vieille ville est plongée dans la torpeur. Depuis dimanche, les touristes étrangers et vaccinés n’arrivent qu’au compte-gouttes. Ils doivent présenter un test PCR au départ et à l’arrivée, et réaliser un test sérologique une fois sur place. Et dans la Ville sainte, ils sont attendus comme le Messie : l’économie touristique s’est effondrée à cause de l’épidémie de coronavirus covid-19. Une situation inédite. Même avec les intifadas et les attentats qu’a connu le pays par le passé, les touristes venaient quand même. Les récents affrontements qui ont secoué la zone n’ont rien arrangé.

Un peu de musique s’échappe des enceintes d’un restaurant fermé. Devant son petit snack, Zoheir somnole sur sa chaise. D’habitude, à cette période de l’année, il désaltère les touristes qui défilent dans les ruelles avec des jus d’oranges de Jaffa fraîchement pressées.

"Pas de touristes. Personne. C’est calme. On a eu le corona, après on a eu l’embrassement à Gaza et à Jérusalem…"

Zoheir

à franceinfo

Mohamed ouvre sa petite boutique tous les jours et ne veut pas rester chez lui à broyer du noir. L’argent ne rentre plus depuis plus d’un an, mais il explique qu’il n’est pas le plus à plaindre. "On dit merci à DieuRegardez à Gaza ! Des enfants ont été tués ! Nous, ça va…"

Jérusalem est encore une ville fantôme

La vieille ville est devenue fantôme, les musées sont fermés et les hôtels dépeuplés. Du haut de la terrasse du Inbal Hotel, Rony Timsit a vue sur les remparts de Jérusalem. Lui a rouvert son établissement il y a deux mois, mais sur les 300 chambres, quelques dizaines seulement sont occupées par des locaux vaccinés. Même si le pays autorise désormais l’entrée de touristes étrangers sur son territoire, il ne s’attend pas à revoir sa clientèle internationale tout de suite.

"Pour le moment, on parle d'environ 600 personnes, quelques groupes, indique-t-il. Les autorités doivent revenir dans à peu près trois semaines avec leurs résultats pour dire ce qui va se passer avec le tourisme et quand ils rouvriront la frontière. Il me parait assez sûr qu'ils reviendront en août ou en septembre. J'ai vécu des années compliquées mais je dois dire que cette année, c'était extrême." Une épidémie et un conflit sont passés par là. Tous espèrent tourner la page très vite et revoir les touristes : "Revenez", invite Rony Timsit, en hébreu et en arabe.

A Jérusalem, le reportage de Farida Nouar.
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