"Les Américains sont notre plus grand ennemi" : en Irak, les "sadristes" s'apprêtent à manifester contre les Etats-Unis

L'influent leader chiite Moqtada Sadr a appelé à des rassemblements d'ampleur pour dénoncer la présence américaine dans le pays.

Le drapeau américain brûlé par des Irakiens durant une manifestation, le 30 décembre 2019 à Basra (Irak).
Le drapeau américain brûlé par des Irakiens durant une manifestation, le 30 décembre 2019 à Basra (Irak). (HUSSEIN FALEH / AFP)

C'est une grande journée de mobilisation qui se prépare vendredi 24 janvier en Irak, à l'appel de l'influent leader chiite Moqtada Sadr. Des rassemblements d'ampleur s'organisent pour dénoncer la présence américaine dans le pays, quelques semaines après la frappe américaine qui a tué le général iranien Qassem Soleimani et le commandant irakien Abu Mahdi al Mohandes.

>> VIDEO. "Ni l’Amérique, ni l’Iran" : des milliers d'Irakiens manifestent à Bagdad contre l'ingérence et la corruption

Connus pour avoir longtemps combattu les troupes américaines dans les années 2000, les "sadristes" du mouvement national irakien islamique dirigé par Moqtada Sadr comptent bien se remobiliser massivement contre les États-Unis.

"Je marcherai contre la présence américaine"

C'est à Sadr City, à l'est de Bagdad (Irak), que l'on trouve le bastion du mouvement sadriste. Près de quatre millions d'habitants y résident, la plupart dans des conditions déplorables. Mohammed Qassim habite ici avec sa femme et ses deux enfants. Comme tout partisan de la mouvance sadriste, il attend la manifestation avec impatience. "Je marcherai contre la présence américaine, car je pense qu'il serait mieux pour nous tous qu'ils s'en aillent." Installée à ses côtés, sa femme renchérit : "Personne ne voudrait d'une force étrangère dans son pays."

Je pense qu'ils ne nous apportent rien de bon.Mohammed Qassimà franceinfo

La frappe américaine au début du mois a ravivé le sentiment anti-américain dans les cercles sadristes. Dans une immense salle de réception richement ornée, le chef du Conseil des tribus de Sadr City se veut menaçant : "Les Américains sont notre plus grand ennemi. Je peux vous certifier que si Moqtada Sadr appelle à prendre les armes contre ces occupants, tous nos militants le rejoindront."

Pour l'heure, l'influent leader chiite préfère la voie politique à celle militaire et compte bien faire pression sur le gouvernement, pour obtenir le départ des forces étrangères.

En Irak, on s'apprête à manifester contre la présence américaine - Reportage de Lucile Wassermann
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