VIDEO. "Ni l’Amérique, ni l’Iran" : des milliers d'Irakiens manifestent à Bagdad contre l'ingérence et la corruption

Sur la place Tahrir à Bagdad et dans plusieurs autres villes d'Irak, des milliers de manifestants ont dénoncé vendredi les ingérence étrangères et une classe politique qu'ils jugent corrompue.

FRANCEINFO / RADIOFRANCE

En Irak des milliers de manifestants anti-pouvoir sont descendus, vendredi 10 janvier, dans les rues dans plusieurs villes pour dénoncer l'ingérence de l'Iran et des Etats-Unis mais aussi la corruption qui gangrène le pays.

La place Tahrir, épicentre de la contestation à Bagdad, était noire de monde avec en tête de cortège les plus jeunes comme Abbas : "On ne veut ni de l’Amérique, ni de l’Iran, dit ce jeune homme de 18 ans, originaire de la ville d’Abou Ghraib. On vit ici et on mourra ici. C’est la victoire ou rien." 

La jeunesse et les femmes en tête de cortège

Les femmes sont aussi très nombreuses à prendre part à ce rassemblement, comme Goufrane, 20 ans, étudiante à Bagdad : "Je suis venue pour soutenir tous les manifestants qui sont là depuis plus de trois mois car cette classe politique est au pouvoir depuis seize ans et elle n’a rien fait", explique la jeune femme.

Nous voulons la fin de ce régime et un nouveau président qui acceptera nos revendications

Goufrane

à franceinfo

Les jeunes défilent unis, au-delà des clivages confessionnels et toujours avec la même détermination, au péril de leurs vies. Depuis le départ de ce mouvement de contestation, "on a perdu 600 de nos jeunes", déplore Mazem qui dirige une entreprise américaine à Bagdad. "Ils brandissaient des drapeaux pacifiquement et ils ont été tués par des snipers embusqués dans ces immeubles autour de nous. Ils ont été assassinés de sang-froid, tous ces jeunes demandent tout simplement à vivre dans un pays dont ils sont fiers." Malgré la répression meurtrière, ces jeunes sont bien décidés faire entendre leur voix et à ne pas céder.

Un jeune manifestant irakien à Bagdad, vendredi 10 janvier 2020.
Un jeune manifestant irakien à Bagdad, vendredi 10 janvier 2020. (FRANCEINFO)