Meurtre de Jamal Khashoggi : le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait menacé le journaliste d'"une balle", en 2017

Les propos de MBS ont été tenus à un conseiller et interceptés par les renseignements américains.

Le prince héritier d\'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, à Alger, le 2 décembre 2018.
Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, à Alger, le 2 décembre 2018. (RYAD KRAMDI / AFP)

Pour le New York Times (en anglais), c'est "la preuve la plus détaillée à ce jour que le prince héritier a envisagé de tuer Jamal Khashoggi". Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a déclaré à l'un de ses conseillers, en 2017, qu'il utiliserait "une balle" contre le journaliste Jamal Khashoggi, si celui-ci ne rentrait pas en Arabie saoudite et ne cessait pas de critiquer le royaume, révèle jeudi 7 février le New York Times. Ces propos de Mohammed ben Salmane ont été interceptés par les renseignements américains, qui y ont vu une menace de mort contre le journaliste.

Jamal Khashoggi, qui vivait en exil aux Etats-Unis et écrivait régulièrement dans le Washington Post, a été tué dans les locaux du consulat saoudien, à Istanbul (Turquie), le 2 octobre 2018. Après avoir nié sa disparition, l'Arabie saoudite a livré plusieurs versions contradictoires des événements, mais a toujours rejeté toute implication du prince héritier. En s'appuyant sur des documents, la CIA a assuré avoir acquis la conviction que Mohamed ben Salmane était le commanditaire de l'assassinat de l'opposant. La justice saoudienne, de son côté, maintient qu'il n'était pas au courant de ce meurtre, qui serait l'œuvre d'un groupe d'éléments incontrôlés.

Ces révélations interviennent alors qu'une commission bipartisane de parlementaires américains a fixé le vendredi 8 février comme date butoir à la Maison Blanche, pour se prononcer sur l'implication ou non de Mohammed ben Salmane dans cet assassinat.