L'Union européenne et le Japon signent un accord "historique" de libre-échange

Le Jefta doit être soumis au Parlement européen en vue d'une entrée en vigueur en 2019, si le Parlement japonais le vote lui aussi rapidement.

De gauche à droite : le président du Conseil européen Donald Tusk, le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Tokyo (Japon), le 17 juillet 2018.
De gauche à droite : le président du Conseil européen Donald Tusk, le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Tokyo (Japon), le 17 juillet 2018. (TETSU JOKO / YOMIURI / AFP)

L'Union européenne et le Japon ont signé, mardi 17 juillet à Tokyo, un accord de libre-échange ambitieux qui se veut "un message puissant contre le protectionnisme" de Donald Trump. "Aujourd'hui marque un jour historique alors que nous célébrons la signature d'un accord commercial extrêmement ambitieux entre deux des plus grandes économies du monde", ont déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, dans un communiqué publié à l'issue de la signature du texte.

Le pacte avec le Japon, dont la signature consacre des discussions ouvertes en 2013, constitue l'accord "le plus important jamais négocié par l'Union européenne", selon le porte-parole de la Commission européenne Margaritis Schinas. Baptisé Jefta (Japan-UE free trade agreement), il porte sur une zone de libre-échange couvrant près d'un tiers du produit intérieur brut (PIB) mondial. Il doit être soumis au Parlement européen en vue d'une entrée en vigueur en 2019, si le Parlement japonais le vote lui aussi rapidement.

Agroalimentaire, industrie automobile et développement durable

Côté européen, le secteur agroalimentaire sort grand vainqueur des discussions. Au final, 85% des produits agroalimentaires de l'UE pourront entrer au Japon sans droits de douane, mais parfois à l'issue de périodes de transition. D'autres, comme le bœuf, verront les taxes imposées progressivement réduites. Le riz, un produit hautement symbolique pour les Japonais, est exclu de l'accord. Tokyo s'engage en outre à reconnaître plus de 200 indications géographiques comme le Roquefort, le Tiroler Speck autrichien, le Jambon d'Ardenne belge ou la Polska Wódka (vodka polonaise), qui bénéficieront "du même niveau de protection qu'en Europe".

Les Japonais obtiennent de leur côté un libre accès au marché européen pour leur industrie automobile, mais seulement à l'issue d'une période transitoire de plusieurs années. Cet accord comprendra aussi un chapitre sur le développement durable. La protection des investissements n'est en revanche pas comprise dans le Jefta.