Italie : comme promis, le gouvernement adopte le revenu de citoyenneté et la réforme des retraites

Malgré le bras de fer qui l'a opposé à Bruxelles sur le budget, Rome a annoncé jeudi deux mesures phare du programme qui a porté au pouvoir une alliance populiste. 

Le chef de file du M5S et co-vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio, lors de la présentation du programme social, le 17 janvier 2019.
Le chef de file du M5S et co-vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio, lors de la présentation du programme social, le 17 janvier 2019. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

En Italie, malgré des dépenses surveillées par l'Union européenne, deux promesses phares ont été adoptées, jeudi 17 avril, par le gouvernement. Des décrets-lois créent un revenu de citoyenneté (RDC) et abaisse l'âge de la retraite. 

Des promesses revues et corrigées

La drôle d’alliance entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue tient ses promesses. C’est le premier constat et il est unanime. Il porte sur la possibilité de partir à la retraite à compter de 62 ans contre 67 ans auparavant et sur le revenu de citoyenneté, cheval de bataille du M5S, un mouvement anti-système. Débordant d’enthousiasme, son chef de file, Luigi Di Maio, a vanté la création d'un nouvel État providence. "C'est la naissance d'un nouveau welfare state en Italie, qui aide les personnes en difficulté, des personnes pressées comme des citrons par les précédents gouvernements et qui reprennent une place centrale", a-t-il lancé.  

Certes, les sommes allouées ont été revues à la baisse après le feuilleton budgétaire qui a donné lieu à un bras de fer avec Bruxelles. Mais au final, l’Italie met en place un dispositif totalement novateur.

Une évaluation des mesures... après les élections européennes

Le revenu de citoyenneté, concernant potentiellement cinq millions d’Italiens en difficulté, doit entrer en vigueur fin avril. Son montant prévu varie de 40 à 780 euros pour une personne seule. Il peut aller jusqu’à 1 300 euros pour une famille avec deux enfants. Toutefois, un demandeur d'emploi qui rejettera une troisième offre de travail sera exclu du dispositif.

C’est là que le bât blesse, commentent les observateurs les plus critiques. Comment assurer des contrôles rigoureux dans un pays où l’on joue si facilement à cache-cache avec les institutions, se demandent-ils. Ils s'interrogent aussi sur la capacité à trouver du travail pour tout le monde, dans un pays à la modeste croissance et qui compte pourtant sur une hausse du pouvoir d’achat pour se relancer. Le bilan sera fait dans plusieurs mois. Après les élections européennes dans tous les cas, lors desquelles la Ligue comme les 5 Etoiles comptent bien marquer des points, auréolés de ces mesures sociales inédites.