L'Italie trouve un accord avec la Commission européenne sur son budget et repousse son revenu de citoyenneté

Une autre mesure emblématique du gouvernement de coalition italien, la réforme des retraites, est également repoussée.

Le Premier ministre de l\'Italie, Giuseppe Conte (à droite), en compagnie du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au siège de celle-ci à Bruxelles, le 12 décembre 2018.
Le Premier ministre de l'Italie, Giuseppe Conte (à droite), en compagnie du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au siège de celle-ci à Bruxelles, le 12 décembre 2018. (ARIS OIKONOMOU / AFP)

L'accord n'est pas un recul, a assuré le Premier ministre italien Giuseppe Conte. Mais son gouvernement a accepté de repousser deux de ses mesures phares – la réforme des retraites et le revenu de citoyenneté – pour trouver un accord avec l'Europe sur son budget. C'est la Commission européenne qui a annoncé cet accord, mercredi 19 décembre.

Le 23 octobre, la Commission européenne avait rejeté le projet de budget 2019 de l'Italie, une première dans l'histoire de l'Union européenne, car il présentait un déficit bien supérieur aux engagements pris par le précédent gouvernement. Sous la pression, le gouvernement italien avait assuré qu'il ne céderait pas à Bruxelles, s'exposant à des sanctions financières.

Une situation compliquée par les mesures de la France pour les "gilets jaunes"

L'accord annoncé mercredi prévoit finalement 10,25 milliards d'euros d'économies budgétaires, a expliqué le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis. La solution "n'est pas idéale mais elle permet d'éviter à ce stade l'ouverture d'une 'procédure pour déficit excessif'" qui peut aboutir, à terme, à des sanctions financières, a-t-il estimé.

Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a estimé que cet accord avait été obtenu "sans jamais reculer par rapport aux objectifs" fixés par les Italiens après les législatives du 4 mars, qui avaient porté au pouvoir une coalition entre la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème).

En acceptant un budget révisé de l'Italie, la Commission fait finalement preuve de souplesse dans l'application des règles européennes. La situation était devenue sensible au niveau politique quand la France a annoncé des mesures supplémentaires pour répondre à la crise des "gilets jaunes", qui devraient la conduire à dépasser le seuil de 3% de déficit public en 2019. Les Italiens avaient alors mis en garde Bruxelles contre une différence de traitement entre les Français et eux.