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Expliquez-nous... L'alliance entre la Ligue et le M5S en Italie et leur programme commun

Alors qu'en Italie Giuseppe Conte est chargé de former le prochain gouvernement, focus de franceinfo sur l'alliance entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles et leur "contrat pour un gouvernement de changement".

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Le responsable du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio (à gauche), le 7 mai 2018, et le leader de la Ligue, Matteo Salvini (à droite), le 12 avril, à Rome.
Le responsable du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio (à gauche), le 7 mai 2018, et le leader de la Ligue, Matteo Salvini (à droite), le 12 avril, à Rome. (TIZIANA FABI / AFP)


Déroutante alliance que celle de la Ligue, qui avait à l'origine comme objectif "l'indépendance" du nord du pays, aujourd'hui surtout perçue comme un parti de droite radicale, populiste et le Mouvement 5 étoiles, M5S, qui prône un rejet de la classe politique traditionnelle via la démocratie directe et le renouvellement des élus.

Ce qui les a rapprochés est le rejet commun par leur base électorale d'une classe politique perçue comme inefficace et d'une Union Européenne associée à l'austérité économique et à une crise migratoire gérée en première ligne par l'Italie. 

Ce qui les a rapprochés, c'est aussi le pragmatisme de leurs dirigeants qui ont su tenter une synthèse de leurs objectifs.

Leur contrat de gouvernement mise, sur le plan économique, sur une relance de la demande interne et un soutien au pouvoir d'achat des familles.

Les deux partis comptent revoir la réforme des retraites qui était censée faire passer l'âge de départ à 67 ans au 1er janvier 2019.

La réforme fiscale prônée par la Ligue et passant par des baisses d'impôts a été retenue, tout comme le "revenu de citoyenneté" de 780 euros par mois pour neuf millions d'Italiens proposé par le Mouvement 5 étoiles.

Est prévue la mise en place d'un nouveau système d'imposition pour tous les contribuables, avec seulement deux tranches d'imposition taxées à 15 et 20%.

La sortie de l'Euro n'est plus évoquée mais les deux partis réclament que les dépenses engagées dans l'investissement public ne soient plus prises en compte dans le calcul du déficit budgétaire.

Le programme commun parle de "revoir avec les partenaires européens le cadre de la gouvernance économique" et d'oeuvrer à renforcer la légitimité démocratique de l'Union via un renforcement du Parlement européen. 

Les deux mouvements souhaitent par ailleurs un rééxamen complet du projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin, ou la relance de la compagnie nationale aérienne Alitalia.

Sont envisagés une augmentation des fonds alloués aux forces de l'ordre, un réexamen des missions militaires italiennes, ou une fermeture des camps hébergeant des roms non enregistrés.

Concernant l'immigration, l'accord plaide pour une hausse des expulsions et l'ouverture de davantage de centres de rétention.

Le texte évoque aussi une réforme de la justice, une réforme du Parlement et l'introduction d'un "code éthique" interdisant aux délinquants condamnés, mais également aux francs-maçons ou aux personnes visées par des enquêtes pour délits graves, d'entrer au gouvernement

Au-delà des critiques politiques qui peuvent être faites par leurs opposants, les principales réserves portent sur le financement de ce programme qui prévoit des milliards d'euros de baisses d'impots et de dépenses publiques nouvelles.

Le responsable du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio (à gauche), le 7 mai 2018, et le leader de la Ligue, Matteo Salvini (à droite), le 12 avril, à Rome.
Le responsable du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio (à gauche), le 7 mai 2018, et le leader de la Ligue, Matteo Salvini (à droite), le 12 avril, à Rome. (TIZIANA FABI / AFP)