Iran : les forces de sécurité tirent sur des manifestants après un hommage à Mahsa Amini dans sa ville d'origine

L'accès à internet a été bloqué mercredi à Saghez, dans la province iranienne du Kurdistan, selon l'agence de presse Isna.

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France Télévisions
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Un portait de Masha Amini brandi lors d'une manifestation à Mexico (Mexique) devant l'ambassade de la République islamique d'Iran, le 27 septembre 2022. (GERARDO VIEYRA / NURPHOTO / AFP)

En Iran, le climat ne s'apaise pas. Les forces de sécurité iraniennes ont ouvert le feu mercredi 26 octobre sur des manifestants rassemblés à Saghez, ville d'origine de Mahsa Amini située dans la province du Kurdistan, selon une ONG. Des milliers de personnes y avaient assisté à une cérémonie d'hommage à la fin du deuil traditionnel de 40 jours. "Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes et ouvert le feu sur les gens sur la place Zindan à Saghez", a annoncé sur Twitter Hengaw, un groupe de défense des droits des Kurdes d'Iran, basé en Norvège.

Défiant un dispositif de sécurité renforcé, une foule d'hommes et de femmes s'était réunie mercredi matin autour de la tombe de la jeune femme dans le cimetière Aichi de Saghez (ouest de l'Iran), selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Plus tard dans la journée, l'accès à internet a été bloqué pour des "raisons de sécurité", rapporte l'agence de presse Isna.

Des milliers de personnes rassemblées au cimetière

Cette Kurde iranienne de 22 ans était morte le 16 septembre, trois jours après son arrestation à Téhéran, où elle était en visite avec son jeune frère, par la police des mœurs qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique, imposant notamment le port du voile pour les femmes.

Mercredi, le 40e jour suivant la mort de Mahsa Amini, marquait la fin de la période de deuil traditionnel en Iran. Dès mardi soir, les autorités ont renforcé leur dispositif à Saghez, déployant des forces sur une place centrale. Les accès à la ville auraient également été bloqués. Selon des militants des droits humains, les forces de sécurité avaient mis en garde les parents de la jeune femme contre l'organisation d'une cérémonie d'hommage sur sa tombe, allant jusqu'à menacer "la vie de leur fils".

Malgré cela, les fidèles ont commencé tôt mercredi à rejoindre le cimetière, où environ 2 000 personnes se sont rassemblées, selon l'agence iranienne Fars. Mais des images mises en ligne par des militants et des défenseurs des droits humains montraient une foule très nombreuse, en voiture et à moto, à pied à travers champs et le long des routes, ou même traversant une rivière.

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