VIDEO. Nuit de manifestations en Turquie pour réclamer le départ d'Erdogan

Le Premier ministre est éclaboussé par un scandale politico-financier.

Marie Charlotte Duluc / France 2

Un nouveau mouvement de contestation gronde en Turquie. La police turque est intervenue dans la soirée du vendredi 27 décembre à Istanbul et à Ankara pour disperser des milliers de manifestants. Ils exigeaient la démission du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, éclaboussé par un scandale politico-financier.

A Istanbul, les forces de l'ordre sont intervenues contre plusieurs milliers de personnes qui, aux cris de "gouvernement démission" et "la corruption est partout", tentaient de rallier la place Taksim, le coeur de la fronde qui avait fait vaciller le gouvernement islamo-conservateur de M. Erdogan en juin. Après plusieurs sommations sans effet, les policiers ont fait usage de balles en plastique et de canons à eau, et plus tard de gaz lacrymogènes, pour disperser la foule. Certains des manifestants ont riposté en visant les forces de l'ordre avec des feux d'artifice, d'autres ont tenté d'ériger des barricades.

Erdogan se dit victime d'un complot

Le remaniement gouvernemental d'urgence opéré après la démission de trois ministres éclaboussés par ce scandale, n'a pas suffi à étouffer l'onde de choc. M. Erdogan a de nouveau affirmé vendredi être la victime d'un "complot" de "lobbies des taux d'intérêt et du chaos", exploitant son pays et ses richesses. "Ce complot est une opération pour empêcher l'avènement de la nouvelle Turquie", a-t-il martelé lors d'une allocution à Sakarya (nord-ouest), s'en prenant fermement à l'action de certains procureurs et magistrats qui ont mis au jour le scandale. "Le peuple va les juger", a-t-il lancé.

Un manifestant affrontant les forces de l\'ordre dans les rues d\'Istanbul (Turquie), le 27 novembre 2013. 
Un manifestant affrontant les forces de l'ordre dans les rues d'Istanbul (Turquie), le 27 novembre 2013.  (BULENT KILIC / AFP)