Un présentateur de télé russe "viré" après avoir révélé son homosexualité

Anton Krassovski a été licencié en janvier. Il a accordé une interview à CNN, mardi. "J'ai été viré la nuit-même, par SMS", raconte-t-il.

Capture d\'écran de la vidéo montrant Anton Krassovski, âgé de 30 ans, faisant son coming out en direct à la télévision russe, en janvier.
Capture d'écran de la vidéo montrant Anton Krassovski, âgé de 30 ans, faisant son coming out en direct à la télévision russe, en janvier. (CNN / FRANCETV INFO)

Il témoigne sept mois après son licenciement. Anton Krassovski, un ancien présentateur de télé russe, a raconté à CNN, mardi 13 août, comment il a été licencié de la chaine KontrTV, au mois de janvier, après avoir révélé son homosexualité. Son témoignage ne tombe pas à n'importe quel moment. Depuis quelques semaines, la Russie est accusée de faire la chasse aux homosexuels, notamment depuis que Vladimir Poutine a promulgué une loi sanctionnant la "propagande" homosexuelle envers les mineurs.

Pourquoi a-t-il décidé de faire son "coming out" à la télévision, lui demande la journaliste de CNN ? "Quelqu'un devait le faire. Et pour moi, il était temps de sortir du placard, raconte-t-il, en duplex. Après cela, j'ai été viré. La nuit même. J'ai été viré par SMS."

"Poutine n'est pas un fasciste"

Anton Krassovski, âgé de 30 ans, assure que le passage vidéo qui montre son "coming out" en direct à la télévision a été supprimé et n'est plus visible en ligne. "Peut-être" que le Kremlin est responsable de cette disparition, dit-il. Même s'il a été lui-même victime d'homophobie, il n'estime pas que le pouvoir soit sur la pente autoritaire. "Je pense que les temps ne sont pas faciles en Russie (...) [Mais] je ne crois pas que Poutine soit un fasciste." 

Certaines personnes ont appelé au boycott des JO de Sotchi, qui auront lieu en février 2014, en réaction à la loi anti-homos. Un point de vue que le journaliste ne partage pas. Dans cet autre extrait vidéo de son interview, publié par le Huffington Post (lien en anglais), il déclare : "Les homosexuels russes ont besoin d'un soutien international, mais ce soutien ne doit pas prendre la forme d'un boycott des JO de Sotchi. C'est un événement international, pas un événement russe. Sept millions de Russes sont homosexuels. Boycotter les JO d'hiver, ce serait aussi les boycotter, eux."