Séisme en Italie : la lente et difficile renaissance d'Amatrice, à l'ombre des ruines depuis un an

En Italie, le tremblement de terre du 24 août 2016 a causé la mort de près de 300 personnes à Amatrice et dans ses environs. Un an après, le déblaiement et la reconstruction sont loin d'être achevés.  

Frappée par un tremblement de terre le 24 août 2016, la commune d\'Amatrice ouvre des logements provisoires, sans avoir pu déblayer les ruines qui s\'amoncellent.
Frappée par un tremblement de terre le 24 août 2016, la commune d'Amatrice ouvre des logements provisoires, sans avoir pu déblayer les ruines qui s'amoncellent. (RADIO FRANCE / MATHILDE IMBERTY)
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Mathilde ImbertyfranceinfoRadio France

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À nouveau frappé par un séisme lundi à Ischia, au large de Naples, l'Italie rend hommage jeudi 24 août aux victimes du tremblement de terre qui a meurtri Amatrice et ses hameaux, dans le centre du pays, il y a un an. En 2016, le séisme a causé la mort de près de 300 personnes et dévasté une région qui est loin d'avoir achevé sa reconstruction. 

En Italie, la lente et difficile reconstruction d'Amatrice : le reportage de Mathilde Imberty
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Une habitante d'Amatrice, Martine, reconnaît qu'elle a eu beaucoup de chance lors du tremblement de terre. Cette Française s'est installée il y a 15 ans dans un hameau sur le territoire d'Amatrice. Autour d'elle, le 24 août 2016, seules quelques maisons ont résisté. La commune, si vivante l’été, est méconnaissable à l'ombre des ruines. "C'était Saint-Tropez en été", se souvient Martine qui évoque la foule de 4 000 personnes et regrette la disparition de l'ambiance festive.

On ne pouvait pas marcher. Les supermarchés étaient pleins à craquer. Il y avait l'ambiance italienne, on parlait d'un café à l'autre. Il n'y a plus rien.

Martine, une Française d'Amatrice

sur franceinfo

La mairie veut "aller de l'avant"

Les maisons, les clochers et l'école, rasés par le séisme, sont encore à terre dans le centre historique d’Amatrice. La vie s’est donc déplacée à la sortie du bourg où une église a été installée dans un conteneur. L'ancien édifice, situé dans la "zone rouge" interdite d'accès à cause des pans de murs menaçant de s'effondrer, n'a pas encore été déblayé.

Une église a été installée dans un grand contenair en sortie du bourg d\'Amatrice.
Une église a été installée dans un grand contenair en sortie du bourg d'Amatrice. (RADIO FRANCE / MATHILDE IMBERTY)

Très rapidement après le séisme meurtrier, une école temporaire a été rouverte pour que les familles ne désertent pas les montagnes. Pour la prochaine rentrée scolaire, 200 enfants y sont inscrits. Un centre commercial est en cours d'aménagement. Le maire d'Amatrice, Sergio Pirozzi, veut croire que les épreuves les plus difficiles sont passées.

On va de l’avant, grâce à la générosité du monde entier. Après... la reconstruction, c'est une histoire à plus long terme.

Sergio Pirozzi, maire d'Amatrice

sur franceinfo

Pour montrer que les choses avancent malgré les ruines, l'élu cite l'exemple des huit restaurants historiques de sa commune qui ont rouvert dans de nouveaux locaux.

Le logement provisoire : une étape très attendue 

Les premières maisons provisoires ont été attribuées au cours de l’été. Elles ressemblent à une rangée de conteneurs vitrés, peints de couleurs vives. Il est question d'en ouvrir 500 à Amatrice et dans les hameaux aux alentours, mais début août, moins de la moitié des logements étaient prêts.

Ugo occupe sa maison provisoire depuis fin juillet 2017.
Ugo occupe sa maison provisoire depuis fin juillet 2017. (RADIO FRANCE / MATHILDE IMBERTY)

Ugo a été l’un des tout premiers à retrouver un toit en dur dans le hameau de Rocchetta. Il ne pourra plus retourner dans sa maison de 120m², agrémentée d'un jardin. "J’ai eu droit à 40m² et ça me va, explique-t-il. Ces habitations sont bien faites, elles sont fonctionnelles et fraîches." Il se doute bien que son ancienne demeure ne sera jamais reconstruite.

Dans mon hameau, il y avait plus de 70 maisons. Une seule est restée debout.

Ugo, un habitant d'Amatrice

à franceinfo

Des maisons fragilisées ou partiellement détruites par le séisme ont aussi fini par s’écrouler avec la secousse du 30 octobre 2016. Ce n'était pas la dernière. La séquence ouverte il y a un an n'est pas finie, alertent les sismologues. La terre tremble encore régulièrement dans le centre de l’Italie.