Ocean Viking : "180 dossiers à statuer en 24 heures, c'est radicalement impossible" pour la justice, estime le bâtonnier du barreau de Toulon

Sophie Caïs estime pourtant que "les moyens" humains ont été mis pour pouvoir examiner la situation de tous les migrants. Elle dénonce un "manque cruel de traducteurs" dans certaines langues. 

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Radio France
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Une femme et un enfant, passagers de l'Ocean Viking, à leur arrivée au centre de vacances "Giens Cap Levant" à Hyères, le 11 novembre 2022. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Sophie Caïs, bâtonnier de l’ordre des avocats au barreau de Toulon, estime vendredi 18 novembre après-midi sur franceinfo que demander aux juges des libertés et de la détention de "statuer en 24 heures sur 180 dossiers" de migrants rescapés de l'Ocean Viking "est radicalement impossible".

La cour d'appel d'Aix en Provence a autorisé vendredi 18 novembre 108 des 234 migrants secourus vendredi dernier à quitter la zone d'attente de la presqu'île de Giens dans laquelle ils se trouvaient. Cette décision est motivée par "un certain nombre de vices de procédure", précise Sophie Caïs, notamment car le délai de 24 heures dans lequel la justice doit se prononcer pour prolonger le maintien en zone d'attente n'a pas été respecté.

La juridiction de Toulon a pourtant "mis les moyens", selon elle, avec cinq juges des libertés et de la détention mobilisés sur deux demi-journées d'audience, mais "ce n'est pas absorbable comme volume de dossiers". Par conséquent, une centaine de migrants a été autorisée à quitter le centre de vacances qui faisait office de zone d'attente.

>> Reportage : "Ici, c'est la France" : hébergés à Hyères, les passagers de l'"Ocean Viking" soufflent enfin

Cette "procédure très spécifique de maintien en zone d'attente n'est absolument pas en lien avec la procédure de demande d'asile", rappelle le bâtonnier de l’ordre des avocats au barreau de Toulon.

Sophie Caïs déplore par ailleurs les conditions dans lesquelles les migrants ont été entendus par la justice pour expliquer leur situation, en raison d'un "manque cruel de traducteurs" pour certaines langues.

"Des migrants ont été sortis de la zone d'attente et sont arrivés en bus au palais de justice sans savoir pourquoi ils étaient là", explique-t-elle. "J'ai eu recours à Google Traduction avec mon téléphone pour pouvoir communiquer avec des ressortissants du Bangladesh qui ne pouvaient pas s'exprimer en anglais".

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