Mayotte : un département sous tension

À l'issue de cette première journée, la ministre des Outre-mer a-t-elle réussi à apaiser les esprits ? Réponse avec le journaliste Hakime Ali Saïd. 

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FRANCE 3

Annick Girardin a-t-elle réussi à apaiser les tensions à Mayotte après ce premier jour de visite ? "Loin de là, malgré des annonces fortes", selon Hakime Ali Saïd, en duplex sur place. Une nouvelle brigade de gendarmerie, des renforts de policiers et de gendarmes, un patrouilleur entre l'Union des Comores et Mayotte pour aider dans la lutte contre l'immigration clandestine... "Malgré l'annonce de ces mesures il y a à peu près trois heures maintenant, les barrages sont maintenus sur les principaux axes routiers de Mayotte".

1,8 milliard d'euros pour remettre Mayotte à niveau

"Il faut dire que l'insécurité, l'immigration clandestine, c'est la partie visible de l'iceberg", indique le journaliste. Mayotte connait de gros problèmes structurels, c'est le département le plus pauvre de France : 84% de la population vit ici en dessous du seuil de pauvreté. "Nombreux sont ceux ici qui font le parallèle entre ce conflit social et celui qui a secoué la Guyane il y a environ un an", témoigne le journaliste. "Un conflit qui s'est soldé par ce qu'on appelle les accords de Guyane, qui porte sur un milliard d'euros. Les collectivités locales chiffrent les besoins pour remettre Mayotte à niveau à 1,8 milliard". Pour l'instant, Annick Girardin n'a annoncé aucun financement pour le développement de Mayotte, et c'est sur ce point que les échanges coincent et la raison pour laquelle les barrages ne sont pas encore levés ce soir.

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Une manifestation à Mamoudzou (Mayotte), le 7 mars 2018.
Une manifestation à Mamoudzou (Mayotte), le 7 mars 2018. (ORNELLA LAMBERTI / AFP)