DIRECT. Mayotte : la ministre Annick Girardin promet des renforts pour "répondre à la demande de sécurité des Mahorais"

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est arrivée lundi matin à Mayotte alors que l'île entre dans sa quatrième semaine de contestation contre l'insécurité.

Annick Girardin, ministre des Outre-mer, est en visite à Mayotte, le 12 mars 2018.
Annick Girardin, ministre des Outre-mer, est en visite à Mayotte, le 12 mars 2018. (MINISTERE DES OUTRE-MER)
Ce qu'il faut savoir

Elle veut "renouer le dialogue", après près d'un mois de contestation contre l'insécurité et l'immigration à Mayotte. La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est en visite dans le 101e département français, située dans l'océan Indien, lundi 12 mars. A peine arrivée, elle a échangé avec les manifestants. "Je suis venue avec des réponses sur les questions de sécurité et d'immigration", a-t-elle affirmé sur place. Par la suite, elle a promis, lors d'une conférence de presse, des renforts policiers pour "répondre à la demande de sécurité des Mahorais".

Une "grève générale" secoue Mayotte depuis le 20 février. Des opérations "île morte" ont été organisées et des barrages ont été érigés sur les principaux axes routiers, paralysant le 101e département français. Les manifestants dénoncent l'insécurité, notamment aux abords et à l'intérieur des établissements scolaires, et plus largement contre la forte immigration clandestine provenant des Comores, à 70 km de ses côtes.

La visite de la ministre "pas souhaitée". L'intersyndicale et le Collectif des citoyens à l'origine du mouvement avaient fait savoir que la venue de la ministre, à laquelle ils reprochent "sa méconnaissance du territoire", n'était "clairement pas souhaitée". Ils exigeaient la venue de "quelqu'un qui puisse engager le gouvernement", comme le chef de l'Etat, le Premier ministre ou le ministre de l'Intérieur.

Un dialogue musclé. A peine arrivée, la ministre a échangé avec des manifestants sur un barrage. "Je suis venue ici avec une légitimité. Je suis la ministre des Outre-mer. Je n'accepterai pas certaines remises en question de ma légitimité", a-t-elle insisté. 

Des renforts pour la sécurité.  La ministre a annoncé un renforcement des effectifs de policiers et de gendarmes sur l'archipel, ainsi que des fonds pour "faciliter le développement" de la vidéosurveillance. 

Une luttre accrue contre "l’immigration clandestine et ses conséquences". Un "Etat-major opérationnel de lutte contre l’immigration clandestine, à terre et en mer" doit être créé et "un navire patrouilleur militaire" doit venir "renforcer les capacités de surveillance en haute mer".

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20h16 : Annick Girardin promet de mener sa "mission" pour "renouer le dialogue et sortir de cette situation de blocage". La ministre des Outre-Mer indique sur franceinfo avoir "vu une grande partie des élus du territoire" de Mayotte pour "parler des engagements du gouvernement".

Annick Girardin, la ministre des Outre-Mer, Ã Mayotte le 12 mars.


(ORNELLA LAMBERTI / AFP)

18h15 : Le collectif de citoyens de Mayotte, à l'origine du mouvement de contestation qui bloque l'île depuis le 20 février, accuse Annick Girardin de traiter la population mahoraise avec "mépris". Il"refuse de s'associer à cette mascarade", explique son porte-parole Fatihou Ibrahim sur franceinfo, mais se dit "ouvert à de véritables négociations", réclamant un déplacement du président, du Premier ministre ou du ministre de l'Intérieur.

18h41 : Annick Girardin, qui devait passer la journée à Mayotte, restera aussi demain. Elle explique qu'elle rentrera en revanche en métropole mercredi pour le Conseil des ministres. Par ailleurs, la ministre des Outre-mer "appelle au calme" la population, alors que les barrages qui coupent un certain nombre d'axes routiers sont restés en place malgré ses annonces.

17h28 : "Le gouvernement a un message pour Mayotte : nous avons entendu et nous serons là. Mais pour qu'on soit efficace, il faut qu'on travaille ensemble."

"Mayotte est une terre d'accueil, qui a accueilli trop de monde", estime Annick Girardin, interviewée par Mayotte la 1ere.

17h24 : La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en visite à Mayotte, est interviewée par Mayotte la 1ere. Vous pouvez regarder cet entretien en direct sur Facebook. La ministre assure que les mesures annoncées aujourd'hui étaient déjà en préparation avant l'éclatement de la crise.

16h36 : Le gouvernement avait déjà annoncé qu'il réfléchissait à donner un statut "extra-territorial" à cette maternité. Cela voudrait dire qu'y naître ne permettrait "pas obligatoirement d'obtenir la nationalité française", malgré le droit du sol en vigueur en France. En revanche, les enfants de citoyens français qui y naîtraient seraient bien sûr toujours français. 70% des 10 000 bébés mis au monde chaque année dans cette maternité sont issus de parents étrangers, "venant des Comores pour l'immense majorité d'entre-eux".

16h35 : Ça veut dire que les mahorais nés dans cette maternité ne seront plus français ?

16h35 : Bonjour, que pourrait impliquer ce statut extra territorial qui va être étudié pour la maternité de Mamoudzou ? Merci.

16h28 : L'immigration clandestine est aussi un sujet majeur de préoccupation des manifestants. Annick Girardin a annoncé l'envoi d'un patrouilleur militaire de la Marine nationale pour mieux surveiller les côtes, et davantage de rotations d'hélicoptères, et assure que les moyens supplémentaires permettront d'intervenir en mer 24h/24.

16h25 : La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a fait des annonces tout à l'heure pour répondre à la grève générale à Mayotte. Dans le détail, elle a notamment annoncé le maintien de 60 gendarmes supplémentaires envoyés début mars jusqu'à la fin de l'année scolaire, et d'autres renforts pour les forces de l'ordre dont 10 policiers supplémentaires en mars.

15h46 : "Le 101e département français le restera. Mais nous pouvons mieux travailler ensemble."

Annick Girardin a également annoncé des mesures pour tenter de lutter contre l'insécurité, une des causes de la colère des Mahorais. Elle a notamment annoncé qu'une partie des gendarmes envoyés pour sécuriser la rentrée scolaire, qui avait lieu aujourd'hui, resterait jusqu'à la fin de l'année scolaire.

15h39 : La ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, s'exprime et annonce des mesures. Elle est arrivée ce matin sur l'île. Elle annonce notamment la création d'un groupe dédié qui travaillera sur "la possibilité de donner à l'hôpital, et notamment à la maternité, de Mamoudzou un statut extra-territorial", afin de lutter contre l'immigration illégale.

15h35 : Depuis près de trois semaines, Mayotte, le 101e département français, est secoué par un mouvement de contestation. Des maires menacent de fermer des écoles, et des manifestants veulent encercler la principale ville de l'île, Mamoudzou. Dans cet article, nous vous expliquons les raisons de cette grève générale.




(ORNELLA LAMBERTI / AFP)

12h56 : La visite de la ministre des Outre-mer Annick Girardin se poursuit à Mayotte. Elle rencontre des acteurs économiques de l'île, paralysée par une grève générale. Vous pouvez remonter le fil de cette journée dans notre direct spécifique.


12h47 : "Mayotte, c'est un demi-siècle de retard par rapport à la métropole. (...) Mais plus les transferts de fonds pour accélérer le développement sont importants, plus Mayotte attire. On a donc le sentiment, et la population le voit bien, qu'on n'y arrivera jamais. Parce que chaque petite étape supplémentaire vers le développement est gommée par les pressions migratoires."

Le mouvement de contestation qui enfle à Mayotte tient en partie à la situation très particulière du département, explique un économiste à franceinfo : l'économie y est bien plus favorable que dans les îles voisines, ce qui attire de nombreux migrants, mais ce territoire accuse tout de même "un retard historique" sur la métropole.