Les dons affluent pour Carola Rackete, la capitaine du "Sea-Watch", arrêtée après avoir secouru des migrants en Méditerranée

A la barre du "Sea-Watch 3", elle a secouru une quarantaine de migrants et forcé le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.

Carola Rackete lors de son arrestation à Lampedusa (Italie), le 29 juin 2019.
Carola Rackete lors de son arrestation à Lampedusa (Italie), le 29 juin 2019. (ANAELLE LE BOUEDEC / AFP)

Son coup de force provoque un vaste mouvement de soutien. Une collecte de fonds lancée par deux vedettes de la télévision allemande pour Carola Rackete, la capitaine du navire Sea-Watch 3, détenue en Italie, avait dépassé les 438 000 euros en milieu de journée, dimanche 30 juin.

>> Qui est Carola Rackete, la capitaine du bateau Sea-Watch arrêtée après avoir secouru des migrants en Méditerranée ?

Le Sea-Watch 3, qui a secouru une quarantaine de migrants, a forcé le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, suscitant l'ire du gouvernement transalpin et l'arrestation de Carola Rackete. "Ce n'était pas un acte de violence, seulement de désobéissance", a-t-elle expliqué dans une interview, dimanche, au Corriere della Sera.

L'humoriste Jan Böhmermann et l'animateur Klaas Heufer-Umlauf ont lancé un appel aux dons sur la plateforme Leetchi pour aider l'équipe de l'ONG, exprimant leur indignation face à l'arrestation de Carola Rackete. Dimanche à 14 heures, les dons s'élevaient à 343 000 euros. "Nous sommes convaincus qu'une personne qui sauve des vies n'est pas une criminelle", a plaidé Jan Böhmermann dans une vidéo diffusée sur YouTube.

"Quiconque pense le contraire a tout simplement tort", a-t-il ajouté, accusant Matteo Salvini d'"abuser des sauveteurs en Méditerranée pour changer les mentalités contre les réfugiés, contre l'UE, et en faveur d'une politique inhumaine".

Placée aux arrêts domiciliaires, la capitaine sera présentée à un juge en début de semaine à Agrigente et devra répondre notamment des faits d'aide à l'immigration clandestine et de résistance à un navire de guerre. Pour ce dernier délit, elle risque entre trois et dix ans de prison.