Les 180 migrants secourus en mer par l'"Ocean Viking" ont commencé à débarquer en Sicile

A cause du coronavirus, ces migrants devraient être placés en quarantaine pendant au moins deux semaines sur le ferry "Moby Zaza", amarré à une centaine de mètres de l'"Ocean Viking". 

Des migrants secourus par le navire humanitaire \"Ocean Viking\" débarquent en Sicile, le 6 juillet 2020, avant d\'être placés en quarantaine. 
Des migrants secourus par le navire humanitaire "Ocean Viking" débarquent en Sicile, le 6 juillet 2020, avant d'être placés en quarantaine.  (SHAHZAD ABDUL / AFP)

Epuisés mais enfin arrivés en Europe. Après une traversée mouvementée depuis les côtes nord-africaines, 180 migrants secourus en Méditerranée par le navire humanitaire Ocean Viking ont commencé à débarquer en Sicile, lundi 6 juillet dans la soirée, pour être placés en quarantaine.

En file indienne, masque chirurgical sur le visage et portant leurs maigres affaires dans un sac à dos qui leur avait été donné à leur arrivée sur l'Ocean Viking, les migrants – pour l'essentiel des Bangladais, Pakistanais, Nord-Africains ou Erythréens ayant fui la Libye  ont commencé à quitter le bateau-ambulance vers 23h40. Les personnes testées négatives au coronavirus dimanche par une équipe médicale italienne ont été les premières évacuées. 

A l'issue de neuf jours de blocage en mer, les autorités maritimes italiennes avaient autorisé dimanche le navire de l'ONG SOS Méditerranée à accoster dans le port sicilien de Porto Empedocle. Le périple des migrants est toutefois loin d'être terminé : à cause du coronavirus, ils devraient être placés en quarantaine pendant au moins deux semaines sur le ferry Moby Zaza, amarré à une centaine de mètres de l'Ocean Viking.

"Des vies en danger"

Cet immense ferry blanc accueillait depuis deux semaines 200 autres migrants secourus en mer par le navire humanitaire Sea Watch et placés en quarantaine. Trente d'entre eux, testés positifs au coronavirus, resteront à bord à l'isolement dans une "zone rouge", tandis que 169 autres ont été évacués à terre lundi. Le navire a ensuite été désinfecté.

L'attente de ces derniers jours pour se voir attribuer un port de débarquement avait suscité de fortes tensions, avec, notamment, des menaces physiques envers l'équipe de SOS Méditerranée émanant d'un petit groupe de Nord-Africains. Cela avait poussé l'ONG à se décréter vendredi en état d'urgence pour la première fois de son histoire. "Le retard inutile de ce débarquement a mis des vies en danger", a expliqué SOS Méditerranée, déplorant en particulier l'absence de "solidarité" européenne.

La reprise de l'activité de l'Ocean Viking s'est faite dans un contexte de forte reprise des traversées de la Méditerranée centrale. L'Italie craint de voir arriver le plus gros contingent de navires humanitaires. La maire de Porto Empedocle a réclamé lundi l'envoi de l'armée pour "protéger les citoyens", déplorant l'arrivée de migrants alors que la Sicile, province pauvre de l'extrême sud de l'Italie, a grandement souffert du confinement.