Migrants : les ONG, complices des passeurs ?

Le "Lifeline", l'"Aquarius", le "Sea-Watch" sont des navires humanitaires opérés par des ONG pour sauver des migrants. Mais le travail de ces organisations est de plus en plus attaqué.

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FRANCEINFO

La première attaque sur les ONG qui sauvent les migrants en Méditerranée est venue de Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien : "J'ai demandé s'il y avait des rapports confirmant des liens entre certaines ONG et les passeurs. À mon avis, ces liens existent et il y a une omerta sur le sujet".

"Lifeline a agi contre toutes les règles, a lancé Emmanuel Macron mardi 26 juin. À la fin, on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage. C'est d'un cynisme terrible". Marine Le Pen (RN) prône "la manière forte" avec la confiscation de l'Aquarius par l'État à l'ONG SOS Méditerranée.

Des contacts avec les passeurs ?

Pour l'agence européenne Frontex, les ONG sont complices des passeurs. Elle leur reproche de provoquer un appel d'air chez les migrants et d'être en contact avec les passeurs pour les diriger vers des zones plus favorables.

Ces affirmations sont contestées par des chercheurs comme Marta Esperti, doctorante en sociologie à l'université Paris 13. En deux ans, l'Aquarius de SOS Méditerranée a sauvé 27 000 vies. Mais en réalité, seuls 20 à 30% des sauvetages sont opérés par des bateaux humanitaires. Les garde-côtes ou encore la Marine se chargent du reste.

Des membres de l\'ONG SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières (MSF) réalisent un exercice de sauvetage près du navire de sauvetage Aquarius, en pleine mer entre Lampedusa et la Tunisie, le 23 juin 2018 .
Des membres de l'ONG SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières (MSF) réalisent un exercice de sauvetage près du navire de sauvetage Aquarius, en pleine mer entre Lampedusa et la Tunisie, le 23 juin 2018 . (PAU BARRENA / AFP)