Coup de filet antiterroriste : la Belgique "craint" un nouvel attentat et recherche d'autres suspects

"Nous craignons qu'ils se sentent acculés après les perquisitions", a estimé un porte-parole du parquet fédéral belge. 

Les policiers de la DGSI patrouillent dans une rue de Wattignies (Nord), le 5 juillet 2017.
Les policiers de la DGSI patrouillent dans une rue de Wattignies (Nord), le 5 juillet 2017. (DENIS CHARLET / AFP)

La Belgique recherche encore "plusieurs suspects de terrorisme" au lendemain d'un coup de filet à Bruxelles et dans le nord de la France. Les autorités redoutent qu'ils commettent un attentat, a annoncé jeudi 6 juillet le parquet fédéral belge. "Nous craignons qu'ils se sentent acculés après les perquisitions. Nous craignons par conséquent la même réaction que le 22 mars",  a déclaré un porte-parole du parquet à la télévision flamande VTM, en référence à la double attaque à Bruxelles contre l'aéroport et le métro, qui avait fait 32 morts.

Deux frères "radicalisés", soupçonnés de préparer un attentat à l'aide d'un important arsenal, des kalachnikovs et des détonateurs, selon une source proche de l'enquête, ont été inculpés mercredi soir à Bruxelles pour "participation à un groupe terroriste". Les deux frères, Akim Saouti, 40 ans, et Khalid Saouti, 37 ans, avaient été arrêtés avec deux autres personnes dans la nuit de mardi à mercredi à Anderlecht, commune populaire de l'agglomération bruxelloise. 

Une importante cache d'armes retrouvée

Un cinquième homme a également été interpellé près de Lille. Cet homme est également soupçonné d'avoir planifié "une action violente", selon une source proche du dossier, mais sa garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures en vertu de la loi française.

Dans un box de garage d'Anderlecht, la police belge a trouvé "trois kalachnikovs, une quinzaine de chargeurs de kalachnikovs, ainsi qu'un 'riot gun' [fusil à pompe], trois armes de poing et munitions, des radios, deux gilets pare-balles", mais aussi un gyrophare ainsi que des uniformes de police, d'agent de sécurité, de secouriste et "quatre détonateurs", avait expliqué le parquet fédéral dans un communiqué.

La famille Saouti connue des services de police

Les deux frères ont été inculpés de "participation aux activités d'un groupe terroriste" et placés en détention préventive. Les deux autres suspects arrêtés à Bruxelles ont été relâchés. La famille Saouti est connue des services d'enquête criminelle et antiterroriste belge.

Saïd Saouti, ancien chef d'un gang de motards, les "Kamikaze Riders", adepte de rodéos musclés sur le périphérique de Bruxelles, avait été condamné l'an dernier pour "appartenance à un groupe terroriste", recrutement de candidats au jihad et apologie du groupe terroriste Etat islamique (EI) sur les réseaux sociaux. Lors de son arrestation à la fin 2015, les autorités avaient annoncé qu'il était soupçonné de préparer des attentats contre "plusieurs lieux emblématiques" de la capitale belge.