Ukraine : un convoi humanitaire russe provoque les soupçons des Occidentaux

Selon Moscou, le convoi a fait l'objet d'un accord avec les Ukrainiens et ne sera pas accompagné d'une escorte militaire. Mais le président de la  Commission européenne a mis en garde Vladimir Poutine.

Des habitants de Donetsk, dans l\'est de l\'Ukraine, font la queue pour acheter des légumes, le 10 août.
Des habitants de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, font la queue pour acheter des légumes, le 10 août. (SERGEI KARPUKHIN / REUTERS)

La Russie a annoncé, lundi 11 août, l'envoi d'un convoi humanitaire dans l'est de l'Ukraine en collaboration avec la Croix-Rouge. Moscou a affirmé que le convoi ne serait pas accompagné d'une escorte militaire et voyageait avec l'accord des Ukrainiens, mais l'Otan craint qu'il ne serve de prétexte à une incursion de troupes venues soutenir les séparatistes pro-russes.

Barroso met en garde Poutine

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est montré ferme, lundi, lors d'un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, le mettant en garde contre une quelconque action militaire sous un prétexte humanitaire. Mais Moscou s'est voulu rassurant. Dans la soirée, les Russes ont assuré que le convoi ne serait pas accompagné d'une escorte militaire et que "la partie ukrainienne" avait donné son accord. Moscou n'a en revanche donné aucune indication sur la destination précise du convoi.

Le nouveau président ukrainien, Petro Porosheko, a précisé qu'il soutenait une initiative en faveur d'une aide humanitaire internationale, destinée, selon le chef adjoint de l'administration présidentielle, à la ville de Lougansk. La Russie pourra y participer, mais elle devra se faire sous l'égide de la Croix-Rouge et avec la participation l'Union européenne et des Etats-Unis. Il assure que Barack Obama est sur la même ligne. La Croix Rouge a confirmé dans la soirée avoir discuté avec la Russie et l'Ukraine mais insiste sur l'importance qu'aucune des deux parties n'entrave leur travail. L'organisation évoque une situation humanitaire critique dans l'est de l'Ukraine, où des milliers de personnes n'auraient aucun accès à l'eau, à l'électricité et à l'aide médicale.

L'Otan juge "hautement probable" une intervention russe

Mais pour l'Otan, une intervention militaire de Moscou pour soutenir les séparatistes qui combattent actuellement les troupes ukrainiennes est "hautement probable". "Nous voyons les Russes mettre au point un scénario et un prétexte pour justifier une opération [militaire] sous couvert d'une opération humanitaire, a alerté lundi Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l'Otan.

Pour lui, l'accumulation de troupes russes le long de la frontière ukrainienne est cohérente avec ce scénario. Ils seraient plus de 20 000 soldats selon l'Otan, 45 000 selon Kiev. De leur côté, les forces ukrainiennes ont pris l'ascendant sur les séparatistes à Donetsk, la plus grande ville de l'est du pays, et seraient en train de reprendre la ville. En quatre mois, le conflit a fait plus de 1 100 morts selon les Nations unies.