Tout juste investi, le président ukrainien met en garde Moscou

Dans son discours d'investiture, Petro Porochenko affirme qu'il refusera tout "compromis" avec la Russie sur l'orientation européenne de son pays et sur l'appartenance de la péninsule de Crimée à l'Ukraine.

Le président ukrainien Petro Porochenko arrive au Parlement à Kiev (Ukraine) pour son investiture, le 7 juin 2014.
Le président ukrainien Petro Porochenko arrive au Parlement à Kiev (Ukraine) pour son investiture, le 7 juin 2014. (REUTERS)

Pas question de transiger. Tout juste investi par le Parlement, le nouveau président ukrainien Petro Porochenko affirme, samedi 7 juin, qu'il refusera tout "compromis" avec la Russie sur l'orientation européenne de son pays et sur l'appartenance de la péninsule de Crimée à l'Ukraine. "Je veux la paix, je veux que la paix advienne", martèle-t-il.

Succédant au pro-russe Viktor Ianoukovitch, destitué par la révolution pro-occidentale, le milliardaire prend les rênes d'un pays profondément divisé et touché par la récession. Francetv info résume les principaux élements de son discours d'investiture.

Une Ukraine européenne

Petro Porochenko donne un gage aux révolutionnaires pro-occidentaux de la place de l'Indépendance à Kiev, là où la révolte a commencé il y a plusieurs mois. Le président ukrainien confirme l'orientation européenne de son pays.

Il annonce qu'il compte très prochainement signer le volet économique de l'accord d'association avec Bruxelles. Pour lui, il s'agit là d'un "premier pas" vers l'entrée dans l'Union européenne. "Les Ukrainiens ont été longuement arrachés à l'Europe, juge-t-il. Aujourd'hui nous revenons dans notre maison, c'est un processus irréversible."

Une Ukraine unie

Ce sera l'un des défis de Petro Porochenko. C'est aussi l'une de ses promesses : le président ukrainien s'engage à maintenir l'unité de son pays, alors que l'Est est en proie à une insurrection pro-russe. Il garantit l'immunité aux séparatistes qui se décident à déposer les armes et promet aux "mercenaires" un corridor pour quitter le pays sans crainte pour leur sécurité.

En contrepartie, il affiche une position plus conciliante à l'égard des populations de l'Est russophones. Il promet de maintenir leurs droits en matière linguistique et annonce une décentralisation qui accordera davantage de prérogatives aux régions.

Une Ukraine avec la Crimée

"La Crimée a été et restera ukrainienne", martèle Petro Porochenko, provoquant des applaudissements dans le Parlement et où se trouvent de nombreux chefs d'Etat étrangers. Le président ukrainien assure l'avoir "dit clairement" à Vladimir Poutine vendredi en Normandie, où il était invité à l'occasion des commémorations du Débarquement.

Dans les faits, la péninsule, située dans le sud-est de l'Ukraine, a été annexée par Moscou depuis un référendum contesté à la mi-mars. La population avait alors voté à plus 96% son rattachement à la Russie.