TÉMOIGNAGE - Guerre en Ukraine : "L'histoire se répète, mais de façon plus cruelle", l'inquiétude d'une rescapée du massacre nazi de Babi Yar

A Kiev, l’émotion reste très vive après la frappe russe près d' un lieu de mémoire important où plus de 30 000 Juifs ont été assassinés par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Les envoyés spéciaux de franceinfo ont rencontré une rescapée de ce massacre qui était enfant à l’époque.

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Svetlana Petrovski avait 5 ans lorsque sa grand-mère et sa tante ont été assassinées, comme plus de 30 000 Juifs durant la seconde guerre mondiale, à Babi Yar, dans le centre ville de Kiev.  (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

"Là, c'est ma grand-mère. Elle a été assassinée à Babi Yar." : Svetlana Petrovski avait 5 ans lorsque sa grand-mère et sa tante ont été assassinées, comme plus de 30 000 Juifs durant la seconde guerre mondiale en plein centre-ville de Kiev, lors de ce qui est présenté le premier grand massacre de la Shoah par balles.

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Mardi, au sixième jour de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, un missile russe a touché la tour de télévision de Kiev, qui est située non loin de Babi Yar, un ravin où les nazis ont tué par balles plus de 30.000 juifs en deux jours en 1941. Cet endroit est aujourd'hui un lieu de mémoire important. Svetlana n'a pas de mots pour décrire ce qu'elle ressent. "L'armée russe a bombardé à coups de missiles ce lieu, Babi Yar, où 30.000 Juifs ont été assassinés en 1941. C'est horrible, ça me rend folle. Ce n'est pas possible. Je suis très en colère.", lâche-t-elle d'une voix usée, en anglais.

Guerre en Ukraine : l'inquiétude d'une rescapée du massacre nazi de Babi Yar. Le reportage d'Omar Ouahmane et Gilles Gallinaro
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20 heures par jour dans l'abri anti-bombes

Depuis le début de la guerre, Svetlana passe le plus clair de son temps dans l'abri anti-bombes de son quartier. Des instants qu'elle a déjà vécu lorsqu'elle était enfant. "La première fois, c'était quand j'avais 5 ans, c'était en Russie pendant la guerre. Et la deuxième fois, c'est maintenant. J'y passe environ 20 heures par jour. Je dois prendre mes cannes. Quand les sirènes commencent à retentir pour nous dire d'aller dans l'abri, je ne peux pas me déplacer rapidement.", déplore-t-elle.

Svetlana est persuadée de la victoire des forces ukrainiennes, mais redoute une guerre longue et meurtrière. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

"Ce sont nos frères"

Adolf Hitler et Vladimir Poutine, deux hommes à l'origine de ces souffrances à près de 80 ans d'intervalle : "L'histoire se répète, mais de façon plus cruelle, selon moi. Car Hitler venait d'un autre pays, d'une autre culture, il parlait une autre langue. Aujourd'hui, c'est pire. Ce sont nos frères. Nous avons appris les chansons russes. Nous connaissons leurs poètes. Certains d'entres nous ont grandi avec la culture russe. De mon point de vue, ce qui se passe aujourd'hui est bien pire."

Aujourd'hui, à 87 ans, cette professeur d'histoire à la retraite suit de très près la situation et ne cache pas son inquiétude : "Poutine veut prendre l'Ukraine et la rattacher à son pays. Il ne veut pas que notre pays existe. Il a décidé que l'Ukraine n'était pas une nation. Il considère que cette terre est russe. Il hait l'Ukraine car c'est un pays libre. Il a essayé à plusieurs reprises de restaurer l'Union soviétique, le grand empire soviétique. Mais il a échoué.", décrypte-t-elle.

Svetlana est persuadée de la victoire des forces ukrainiennes, mais redoute une guerre longue et meurtrière.

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