Les six dates-clés qui ont fait basculer la Crimée vers la Russie

Vladimir Poutine a signé un accord rattachant officiellement l'ancienne péninsule ukrainienne à la Russie. 

Des habitants de Crimée fêtent le résultat du référendum rattachant la péninsule à la Russie, le 16 mars 2014 à Simferopol. 
Des habitants de Crimée fêtent le résultat du référendum rattachant la péninsule à la Russie, le 16 mars 2014 à Simferopol.  (DIMITAR DILKOFF / AFP)

A peine signé le décret reconnaissant l'indépendance de la Crimée, adoptée par référendum dimanche 16 mars, le Kremlin a annoncé, mardi 18 mars, le rattachement de l'ancienne péninsule ukrainienne à la Russie. Le président Vladimir Poutine a signé avec les nouveaux dirigeants pro-russes de Crimée cet accord au Kremlin, devant les deux chambres du Parlement, les gouverneurs et les membres du gouvernement russe.

"La République de Crimée est considérée comme rattachée à la Fédération de Russie à compter de la date de signature de l'accord", indique le Kremlin. Francetv info revient sur la chronologie de ce rapprochement express, conséquence de la révolution ukrainienne.

22 février : le président Ianoukovitch est destitué

Ce samedi-là, la révolution venue de l'ouest de l'Ukraine et de sa capitale, Kiev, fait trembler les bastions pro-russes de l'ouest du pays. Après des semaines de manifestations sur la place Maïdan, puis plusieurs jours d'affrontements meurtriers en plein cœur de la capitale, le président pro-russe, Viktor Ianoukovitch, est destitué.

Dès lors, la Crimée est le théâtre de nombreuses tensions entre partisans de la révolution et pro-russes. Ces derniers montrent des velléités de séparatisme. Cette petite république autonome est en effet la seule région du pays où les Russes sont majoritaires.

27 février : la Russie s'invite en Crimée

Dans les jours qui suivent la destitution du président ukrainien, des heurts éclatent en Crimée entre les deux camps. Mais c'est le 27 février que la situation bascule : plusieurs dizaines d'hommes armés s'emparent des sièges du parlement et du gouvernement locaux et font flotter à leur sommet le drapeau russe.

Sur les routes, des militants pro-russes armés contrôlent les automobilistes pour faire barrage aux armes et aux révolutionnaires ayant participé à la chute du président Ianoukovitch. "Ce n'est pas à ceux qui ont pris le pouvoir de nous dire comment on va vivre. Si la Russie ne nous aide pas, on est prêts à mourir ici pour défendre notre terre. On ne vivra pas sous la dictée de ces fascistes", explique l'un d'eux à France 2.

Le lendemain, une dizaine de soldats en uniforme et portant des écussons noirs patrouillent le long de l'entrée de l'aéroport. Ils ne répondent pas quand on leur demande leur nationalité. Quelques heures plus tard, l'aéroport militaire de Sébastopol est investi par des soldats russes munis de casques et de gilets pare-balles, afin d'empêcher des "combattants" d'y atterrir.

Début mars, de nouvelles troupes russes s’installent dans la péninsule. Plusieurs bases ukrainiennes sont encerclées.

6 mars : la Crimée demande un référendum

Le parlement local de Crimée, dominé par des pro-russes, demande à Vladimir Poutine le rattachement à la Russie et l'organisation d'un référendum pour le 16 mars. Les députés se sont quant à eux prononcés par un vote en faveur de l'annexion de la Crimée par la Russie.

A Kiev, puis au sein de l'UE comme aux Etats-Unis, ce référendum est qualifié d'illégal, ce qui envenime encore les relations entre Moscou et les Occidentaux.

11 mars : une déclaration d'indépendance est adoptée

Sans attendre le résultat des urnes, le parlement de Crimée adopte "une déclaration d'indépendance de la république autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol" à l'égard de l'Ukraine.

De leur côté, les Occidentaux perdent patience : le lendemain de cette annonce, François Hollande invite notamment Vladimir Poutine à éviter une escalade "inutile et dangereuse" en Crimée. Le président français rappelle à son homologue qu'une annexion de la péninsule par la Russie serait "inacceptable pour la communauté internationale". A Kiev, les pro-européens dénoncent une "occupation de la Crimée par la Russie".

16 mars : le rattachement est voté par référendum

"Résultats définitifs du référendum : 96,6% pour !" Le rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie est très largement approuvé par référendum, selon les résultats définitifs communiqués, lundi, par le Premier ministre pro-russe, Sergueï Aksionov. Aussitôt, le Parlement de Crimée officialise sa candidature à l'intégration à la Russie, qui devient le premier pays à reconnaître l'indépendance de la Crimée.

Or, à Kiev ainsi qu'en Occident, le référendum est toujours considéré comme illégitime. Si la Russie se félicite de cette victoire stratégique après le camouflet de Maïdan et la destitution de Viktor Ianoukovitch, les Occidentaux ripostent et annoncent de nouvelles sanctions.

18 mars : Moscou officialise l'annexion de la Crimée

Le président russe, Vladimir Poutine, signe avec les nouveaux dirigeants pro-russes de Crimée un accord au Kremlin devant les deux chambres du Parlement, les gouverneurs et les membres du gouvernement russe : la Crimée est officiellement rattachée à la Russie, proclame-t-il.

Même si ce document entre immédiatement en vigueur, les parlementaires russes devront ratifier une loi incluant dans la fédération de Russie la Crimée et la ville de Sébastopol, qui y jouit d'un statut particulier. La date de cette ratification, une simple formalité, n'a pas été précisée.