Guerre en Ukraine : ce que l'on sait des bombardements à Kiev

La capitale ukrainienne a été la cible de frappes jeudi soir alors que le secrétaire général des Nations unies se trouvait dans la ville. Antonio Guterres "est en sécurité" mais "choqué".

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
De la fumée après un bombardement à Kiev (Ukraine), le 28 avril 2022. (DOGUKAN KESKINKILIC / ANADOLU AGENCY / AFP)

Ce sont les premiers bombardements dans la capitale depuis la mi-avril. Kiev a une nouvelle fois été la cible de frappes aériennes russes, dans la soirée du jeudi 28 avril, en pleine visite du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Selon le maire Vitali Klitschko, une personne est morte. D'après les secours, au moins dix personnes ont par ailleurs été blessées Franceinfo résume ce que l'on sait de ces tirs de missile, confirmés par la Russie.

Un immeuble résidentiel visé

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce sont "cinq missiles" qui se sont abattus sur Kiev jeudi soir. D'après Vitali Klitschko, ces frappes ont visé "les étages inférieurs d'un immeuble résidentiel" situé dans "le quartier de Chevchenkovsky", un quartier central de la capitale ukrainienne.

Des journalistes de l'AFP ont vu un étage d'un bâtiment en feu avec de la fumée noire s'échappant des fenêtres brisées. "Les deux premiers étages [de cet immeuble de 25 étages] ont été partiellement détruits", ont fait savoir les secours sur Facebook. Les habitations environnantes ont aussi subi des dégâts dus au souffle des explosions.

"J'ai vu une boule de feu grande comme çaUn très grand feu, comme une explosion ! Moi, j'étais dans ma chambre, près du mur, allongée sur mon sofa", témoigne Olga, une habitante de Kiev, sur franceinfo.

"Je n'ai pas réalisé tout de suite, et il y a eu la deuxième explosion. Là, les fenêtres ont été pulvérisées. J'ai couru dans le couloir, les éclats ont volé contre le mur, mes meubles se sont cassés."

Olga, une habitante de Kiev

sur franceinfo

"J'étais assise près de la fenêtre avec mon ordinateur et tout à coup, boom ! J'étais sonnée, ça m'a assommée, j'ai bondi ! Le bord de la fenêtre est tombé", raconte une autre habitante, Katerina, écorchée au pied et aux doigts par des éclats de verre.

Au moins un mort et une dizaine de blessés

Au moins dix personnes ont été blessées, selon les services de secours, nombreux sur place jeudi soir, après le bombardement. Ces derniers "ont retrouvé un corps", vendredi, en déblayant les débris, a révélé le maire de la capitale, l'ancien boxeur Vitali Klitschko, sur Telegram. Quatre blessés ont été hospitalisées, a-t-il ajouté dans un message séparé précisant qu'au total, plus de 100 habitants de Kiev avaient été tués depuis le début de l'invasion russe il y a deux mois.

Le corps retrouvé est celui d'une productrice et journaliste de Radio Liberty, Vera Ghyrytch, a confirmé cette radio, financée par les Etats-Unis. Elle a été tuée par une frappe aérienne alors qu'elle se trouvait dans son appartement, situé dans l'immeuble visé. "Son corps a été retrouvé sous les décombres dans la matinée. L'appartement d'un autre ami a été endommagé", témoigne l'une de ses collègues sur Twitter. Un autre lui rend hommage sur Facebook, en parlant d'une "personne merveilleuse".

Une frappe en pleine visite du chef de l'ONU

Ce nouveau bombardement est intervenu au moment où le secrétaire général de l'ONU visitait la capitale ukrainienne. Antonio Guterres est "choqué" mais "en sécurité", a rassuré un porte-parole des Nations unies. Ce représentant onusien a déploré que "cela soit arrivé à proximité de là où nous nous trouvions", bien que ce soit une "zone de guerre".

Le secrétaire général de l'ONU s'est également rendu à Boutcha et d'autres banlieues de Kiev, théâtres d'exactions imputées par les Ukrainiens aux forces russes. Pour sa première visite en Ukraine depuis le début de l'invasion russe, Antonio Guterres venait d'appeler Moscou à "coopérer" avec l'enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur de possibles crimes de guerre.

Le dirigeant des Nations unies s'est ensuite entretenu avec le président Volodymyr Zelensky et a regretté que le Conseil de sécurité n'ait pas réussi à empêcher, ni arrêter la guerre déclenchée le 24 février par Moscou.

De son côté, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a condamné, vendredi, sur Twitter, les "frappes indiscriminées" des forces russes sur Kiev.

Une nouvelle provocation du Kremlin

"Cela en dit long sur la véritable attitude de la Russie envers les institutions internationales, sur les efforts des dirigeants russes pour humilier l'ONU et tout ce que l'organisation représente", a réagi Volodymyr Zelensky sur sa chaîne Telegram après ces frappes aériennes sur Kiev.

"Une fois de plus, les Russes montrent le mépris qu'ils ont pour la vie humaine. Cette fois-ci, ils ajoutent le mépris qu'ils ont pour les Nations unies", a estimé Jean-Maurice Ripert, ancien ambassadeur de France en Russie, sur franceinfo.

"Cette frappe intervient alors que la visite d'Antonio Guterres était fondée sur la demande de coopération avec la Cour pénale Internationale pour dénoncer et juger des crimes de guerre commis contre des civils par l'armée russe. Le message est clair : la Russie ne coopérera pas."

Jean-Maurice Ripert, ancien ambassadeur en Russie

sur franceinfo

"Poutine est déterminé à continuer", s'est inquiété l'ex-diplomate, qui espère que ce bombardement provoquera une "prise de conscience auprès des dirigeants qui n'ont pas osé condamner l'agressions russe".

Vendredi, la Russie a reconnu avoir bombardé Kiev avec des armes de "haute précision""Les forces russes ont détruit avec des armes de haute précision de longue portée les ateliers de l'entreprise spatiale Artiom dans la ville de Kiev", a affirmé le ministère russe de la Défense, lors d'un briefing.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Guerre en Ukraine

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.