Témoignages Guerre en Ukraine : "J’ai vu une boule de feu grande comme ça", racontent les habitants de Kiev choqués par une nouvelle frappe russe

Pour la première fois depuis mi-avril, la capitale ukrainienne a été la cible de cinq missiles jeudi soir, d'après le président Volodymyr Zelensky. Une attaque en pleine visite du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Article rédigé par
Farida Nouar et Fabien Gosset - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La fumée après une attaque russe sur Kiev, le 28 avril 2022. (DOGUKAN KESKINKILIC / ANADOLU AGENCY VIA AFP)

Sur les façades des immeubles près des bâtiments frappés, des fenêtres pulvérisées. Celle qui donne sur la chambre des enfants d’Oleksander au rez-de-chaussée est en mille morceaux. "Je suis choqué mais ça va. Il y a eu l’explosion, les fenêtres se sont cassées. Là, je suis en train de les bâcher", explique-t-il. Jeudi 28 avril dans la soirée, cinq missiles ont frappé la capitale ukrainienne, une première depuis la mi-avril, pendant la visite du secrétaire de l'ONU Antonio Guterres : deux d'entre eux sont tombés sur Chevchenkovsky, un quartier central de Kiev.

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La cible : un immeuble résidentiel de 25 étages, et tout autour, les habitations ont aussi subi des dégâts dus au souffle des explosions. Après l'attaque, des voisins se sont rassemblés près de la tente de la Croix-Rouge ukrainienne : parmi eux, Olga est encore sonnée. "J’ai vu une boule de feu grande comme ça, décrit-elle. Un très grand feu, comme une explosion ! Moi, j'étais dans ma chambre, près du mur, allongée sur mon sofa. Je n’ai pas réalisé tout de suite, et il y a eu la deuxième explosion."

"Là, les fenêtres ont été pulvérisées. J’ai couru dans le couloir, les éclats ont volé contre le mur, mes meubles se sont cassés."

Olga, habitante de Kiev

à franceinfo

"Je suis très choquée, je ne comprends pas encore ce qui s’est passé. C’est pour ça que je suis sortie dehors", ajoute-t-elle, bouleversée. 

Un immeuble d'habitation détruit à Kiev (Ukraine) après une frappe russe, le 28 avril 2022. (DOGUKAN KESKINKILIC / ANADOLU AGENCY / KIEV)

"Que Poutine aille au diable !"

Katerina est assise sur un banc, une boisson chaude à la main. Son mari lui passe une main dans les cheveux pour la réconforter : elle s’est blessée au pied et aux doigts avec des éclats de verre. "J’étais assise près de la fenêtre avec mon ordinateur et tout à coup, boom ! J’étais sonnée, ça m’a assommée, j’ai bondi ! Le bord de la fenêtre est tombé", raconte-t-elle encore très agitée.

"Comment j’ai fui ? Je ne sais pas. Mon mari est arrivé, il m’a prise, j’ai hurlé. J'étais choquée, mais maintenant je me suis calmée. En plus, j’avais dit : ah non ça ne nous arrivera plus. Que Poutine aille au diable !", conclut-elle, en colère. 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Gueterres a été placé "en sécurité", mais s'est dit "choqué". Pour le président Volodymyr Zelensky, ces bombardements visaient à "humilier l'ONU", et le ministre ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé "un acte odieux de barbarie". Au moins une personne a été tuée dans cette attaque et quatre personnes ont été hospitalisées.

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