Guerre en Ukraine : annexion des régions occupées, frappe à Zaporijjia... Ce qu'il faut retenir de la journée du vendredi 30 septembre

Vladimir Poutine a officiellement entériné l'annexion de quatre régions en territoire ukrainien, avant un rassemblement festif sur la Place Rouge, à Moscou.

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Vladimir Poutine s'exprime lors d'un rassemblement sur la Place Rouge de Moscou (Russie), le 30 septembre 2022. (ALEXANDER NEMENOV / AFP)

C'est sans conteste l'une des journées les plus importantes sur le plan politique depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, le 24 février. Vladimir Poutine a signé en grande pompe à Moscou, vendredi 30 septembre, les documents d'annexion de quatre régions ukrainiennes, avant que la Russie ne s'oppose à une résolution du Conseil de sécurité condamnant ces annexions. Franceinfo revient sur les faits marquants du jeudi 29 septembre sur le front de la guerre en Ukraine.

Vladimir Poutine a signé les documents d'annexion des quatre régions occupées

Lors d'une cérémonie au Kremlin, Vladimir Poutine a signé les documents d'annexion, aux côtés des dirigeants des régions séparatistes d'Ukraine de Donetsk et Lougansk, et de celles occupées par les troupes russes de Zaporijjia et de Kherson. Dans son discours, Vladimir Poutine a appelé Kiev à cesser "toutes les hostilités et à revenir à la table des négociations".

Après cette cérémonie, le président russe s'est exprimé lors d'un concert sur la Place Rouge à Moscou, devant plusieurs milliers de personnes qui agitaient des drapeaux russes. "La victoire sera à nous !" a-t-il lancé. "Bienvenue à la maison", a aussi déclaré Vladimir Poutine à l'adresse des habitants des territoires ukrainiens annexés, affirmant que la Russie leur ouvrait "son cœur".

Les annexions et les fuites de Nord Stream examinées au Conseil de sécurité de l'ONU

A New York (Etats-Unis), le Conseil de sécurité de l'ONU a examiné une résolution condamnant les annexions en Ukraine, qui a immédiatement été bloquée par un veto de la Russie. En dehors du veto russe, la résolution a recueilli 10 voix en sa faveur et quatre pays se sont abstenus (la Chine, l'Inde, le Brésil et le Gabon). "Si la Russie empêche le Conseil de sécurité de s'acquitter de ses responsabilités, nous demanderons à l'Assemblée générale, où chaque pays a une voix, de dire clairement que c'est inacceptable de redessiner des frontières de force", avait prévenu juste avant le vote le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken.

A l'issue de la réunion sur les référendums, le Conseil devait se pencher, à la demande de la Russie, sur les quatre fuites touchant les gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique. Un rapport de la Suède et du Danemark envoyé au Conseil de sécurité estime que ces fuites sont dues à des explosions sous-marines équivalant "à des centaines de kilos" de TNT. La source et l'auteur des explosions restent mystérieuses. La Russie, vers laquelle tous les regards se sont tournés, rejette toute responsabilité et accuse les Occidentaux.

L'Ukraine est candidate à une "adhésion accélérée" à l'Otan

Volodymyr Zelensky a annoncé qu'il allait "signer la candidature de l'Ukraine en vue d'une adhésion accélérée à l'Otan". A Washington, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a assuré que son pays et le Canada étaient favorables à cette adhésion. Mais, a-t-il ajouté, "il existe un processus pour cela et les pays continueront à suivre ce processus".

A Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, est resté évasif sur cette candidature. "Chaque démocratie en Europe a le droit de demander l'adhésion à l'Otan et nous avons déclaré encore et encore que la porte reste ouverte", a-t-il déclaré. Mais une décision sur l'adhésion doit être approuvée "à l'unanimité" par les 30 pays membres, a-t-il rappelé.

Une frappe fait 30 morts et 88 blessés dans la région de Zaporijjia

Une frappe sur une colonne de voitures de civils à la limite entre la zone ukrainienne et la zone occupée par les Russes de la région de Zaporijjia a fait au moins 30 morts et 88 blessés, selon un bilan communiqué vendredi soir par la police ukrainienne. "Parmi les personnes tuées figurent deux enfants : une fille de 11 ans et un garçon de 14 ans", a ajouté le chef de la police ukrainienne, précisant qu'"une fillette de 3 ans a également été blessée".

La ville de Lyman, clé de la contre-offensive ukrainienne

L'armée russe a connu plusieurs revers récents infligés par les forces ukrainiennes. Depuis vendredi, la ville stratégique de Lyman est partiellement encerclée par les Ukrainiens. Les soldats russes à Lyman, un important nœud ferroviaire, combattent "à bout de force" et la situation y est "difficile", a reconnu vendredi un haut responsable séparatiste prorusse, Denis Pouchiline.

Pour sa part, Volodymyr Zelensky s'est félicité de l'avancée de la contre-offensive de ses troupes. "Nous avons des résultats significatifs dans l'est du pays (...) Tout le monde a entendu ce qui se passe à Lyman, dans la région de Donetsk. Ce sont des étapes qui comptent beaucoup pour nous", s'est-il réjoui dans son allocution quotidienne publiée sur les réseaux sociaux.

Les Etats-Unis vont renforcer leur aide à l'Ukraine

Le président américain Joe Biden a juré d'"appuyer les efforts de l'Ukraine pour regagner le contrôle de son territoire" et affirmé que les Etats-Unis et leurs alliés ne se laisseraient pas "intimider" par le président Poutine. Son conseiller pour la sécurité nationale à la Maison Blanche, Jake Sullivan, a assuré qu'il y aurait "une annonce la semaine prochaine d'une assistance sécuritaire immédiate" en faveur de l'Ukraine.

Le Congrès américain a aussi approuvé une nouvelle aide à destination de l'Ukraine de 12,3 milliards de dollars dans le cadre d'un vote qui vient valider le budget pour la fin de l'année et éviter un arrêt des services fédéraux.

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